Alter ego

Chap n’a pas cherché à se faire passer pour un autre, il a simplement laissé faire…
Dans ce foyer d’urgence pour jeunes paumés où il refusait obstinément de donner son nom, les gens du centre sont venus le voir avec une photo, celle d’un ado porté disparu qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau. Chap a fini par dire ce que les autres attendaient, que c’était bien lui Cassiel Roadnight ! Et puis tout s’est enchaîné, la sœur de Cassiel est venue le chercher pour le ramener chez lui, dans sa maison, où l’attendaient sa mère et son grand frère.
Chap n’a pas pensé qu’il allait vivre sous leur regard, chaque jour, chaque heure, chaque seconde et qu’il ne pourrait jamais se détendre ni se laisser aller. Un geste déplacé, un mot de travers, une mauvaise réaction risqueraient de donner l’alarme et de tout faire basculer ! Il n’a pas imaginé non plus que Cassiel pouvait cacher un secret monstrueux, et que c’est lui, Chap, qui allait en hériter… (quatrième de couverture)


Moi seul, caché dans le corps de Cassiel, pouvais voir la différence. Moi seul, piégé à l’intérieur de la vérité, toujours sur mes gardes, brûlant d’être libre.


Parce qu’il lui ressemble trait pour trait, Chap, jeune adolescent paumé qui erre de foyers en centres d’accueil, prend l’identité de Cassiel, porté disparu depuis deux années. Le jeune homme qui espérait avant tout pouvoir s’intégrer dans le cercle familial serein qui lui a toujours fait défaut, n’imaginait pas devoir rester autant sur le qui-vive. Car la vigilance de tous les instants qu’il se doit de cultiver n’a pas pour seul but de maintenir l’illusion. En devenant Cassiel, Chap se doit d’assumer le dangereux secret que le fugitif a emporté avec lui.

J’apprivoise peu à peu la littérature pour adolescents et c’est sur les conseils de ma collègue bibliothécaire que j’ai choisi de lire celui-ci… malgré sa couverture jaune verdâtre qui, franchement, n’avait rien pour me séduire (je ne le lui ai bien évidemment pas dit, mais elle va peut-être le découvrir ici) ! Et je ne regrette vraiment pas de m’être laissé guider, car ce roman léché, abouti, d’un bon niveau de langue et qui flirte avec le thriller a vraiment tout pour (me) plaire.
Sa force réside notamment dans une intrigue bien ficelée et haletante autour d’un secret de famille qui captive le lecteur jusqu’à la dernière page. Elle consiste également en une réflexion pertinente sur la question de l’identité et ses corollaires : origines, personnalité, amour filial, opportunisme, construction, culpabilité, reconnaissance… Ceci en déroulant peu à peu un thème qui m’intrigue et m’attire depuis longtemps (attention clic = spoiler).

Jenny Valentine, La double vie de Cassiel Roadnight, L’Ecole des loisirs, 2013.

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