CHALLENGE XIXE : FEUILLE DE ROUTE #2

Et voici ma sélection de lectures pour le challenge XIXe siècle, dévoilée au fil de cinq articles correspondant aux cinq menus proposés par Alphonsine.

Sociabilités détraquées

Les Misérables
Bas-fonds/Pauvreté/Marges

Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger
Garnier Flammarion, 2012 (édition sous réserve)

Dans le Paris des années 1840, Rodolphe, Schaunard, Marcel et quelques autres forment une petite société d’artistes marginaux, poursuivis par leurs créanciers et rêvant de gloire. Poètes et musiciens au ventre creux, rapins prompts à embobiner le bourgeois, philosophes fumeux épris de grisettes, ils ont vingt ans, peuplent les mansardes du Quartier latin, mènent une vie volage et aiment se retrouver au café Momus, où «le premier devoir du vin est d’être rouge». Mais le désespoir guette, lorsqu’on chasse du soir au matin la pièce de cinq francs sans jamais sortir de la misère et de l’anonymat… Avec cette série de scènes fantaisistes inspirées de son expérience, Henri Murger, fils de concierge autodidacte qui fréquenta Nadar, Champfleury et Baudelaire, n’offre pas seulement un formidable document littéraire et social sur la condition de l’artiste : il signe aussi un texte au style tapageur sur la folie de la jeunesse et la perte des illusions. Mêlant romantisme et réalisme, marquant la naissance d’une langue et d’un mythe, les Scènes connurent à leur parution en 1851 un immense succès, et inspirèrent tous ceux qui, de Puccini à Aznavour, ont aimé la bohème.

Le Lys Rouge
Une oeuvre avec une femme fatale

Anna Karénine de Tolstoï
Le Livre de Poche, 2004

« Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour. Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie. Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales. Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative ». Vladimir Nabokov.

Le Horla
Une oeuvre sur la folie

Chien-Caillou de Champfleury
Editions des Cendres, 2000

« À M. Victor Hugo
Monsieur,
Je vous dédie cette œuvre, quoique j’aie une profonde horreur de la dédicace – à cause de l’impression jeune homme qu’elle laisse dans l’esprit du lecteur. Mais vous avez été le premier à signaler Chien-Caillou à vos amis, et votre lumineux génie a bien vite reconnu la réalité du sous-titre : Ceci n’est pas un conte. Merci, monsieur ; j’ai pleuré de bonheur.
Avant, je vous admirais, car vous êtes la grande figure, un mot que je prends aux Allemands qui l’avaient décerné à Gœthe. Depuis, je vous ai aimé. […] Permettez-moi, monsieur, de vous remercier de tout cœur et d’aller faire ma profession de foi à quelques animaux que je déteste profondément, mais qu’il faut flatter de temps à autre. »

Légende image : Claude Monet, Printemps, huile sur toile, 1872 (source).

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