Le grenier du blog #2

Un rendez-vous que je compte renouveler à l’occasion et qui consistera à extraire de mes archives quelques billets d’il y a une dizaine d’années. Des tags, des chroniques, des bribes remontant à mes débuts dans la blogosphère et dont je ne changerai pas un mot. Un brin de nostalgie et des bons souvenirs à la pelle…


Le 8 février 2008, je me laissais porter par la virtuosité d’Erik Orsenna et je participais au challenge ABC !


Jeanne et son frère s’embarquent une nouvelle fois à bord du paquebot qui doit leur faire traverser l’Atlantique : leurs parents, séparés, vivent chacun à l’autre bout de l’océan. Cette fois-ci une tempête éclate et les deux enfants sont les seuls rescapés du naufrage qui en résulte. Échoués sur une île paradisiaque, ils sont sains et saufs.. ou presque… Jeanne et Thomas sont muets. Toutefois, leur hôte, Monsieur Henri, a tôt fait de les rassurer : les deux enfant ont un mois pour découvrir l’île à ses côtés et se réapproprier le langage qu’ils ont perdu… voire en apprendre davantage…

Je suis encore sous le charme de ce récit aux allures de fable, inventif, poétique et souvent touchant. Ce roman illustré, qui est un hymne à la langue française et au pouvoir des mots, une invitation à la poésie, à l’apprentissage et à la création, est aussi une pique lancée en direction des grammairiens et de leur jargon. De cette lecture sympathique et inattendue, ressort en effet l’idée essentielle que l’on peut non seulement aborder et apprendre SIMPLEMENT la grammaire, mais aussi apprécier et apprivoiser les mots, à condition de les respecter.

À noter que le roman est aussi un hommage au chanteur Henri Salvador à qui le personnage de Monsieur Henri emprunte ses traits, la douceur de ses chansons et la poésie de ses mots.

Lettre O du Challenge ABC 2008.

Le grenier du blog #1

Avec ce billet, je lance un rendez-vous que je compte renouveler à l’occasion et qui consistera à extraire de mes archives quelques billets d’il y a une dizaine d’années. Des tags, des chroniques, des bribes remontant à mes débuts dans la blogosphère et dont je ne changerai pas un mot. Un brin de nostalgie et des bons souvenirs à la pelle…


Le 21 mars 2008, je lisais et chroniquais ce roman jeunesse. Je préparais alors avec assiduité mon entrée à l’IUFM, encore persuadée que je serais professeur des écoles !


Le premier des contes de ce bref recueil d’Oscar Wilde s’ouvre sur une fête d’anniversaire organisée à l’occasion des douze ans de l’infante d’Espagne. Les réjouissances se succèdent : jeux, simulacre de corrida, marionnettes, jongleur et superbe gâteau d’anniversaire… C’est toutefois l’arrivée d’un enfant nain qui est considéré, par les enfants, comme le clou du spectacle. Hilare et fascinée, l’infante ne peut détacher son regard du petit être informe qui s’exhibe devant elle. Pour se donner une contenance de « grande dame », elle salue la représentation en retirant une rose blanche de sa coiffure et en la jetant au petit garçon. Si ce geste n’a que peu d’importance pour elle, il bouleverse l’enfant qui se croit aimé et part à la recherche de celle dont il est épris, errant parmi les nombreuses pièces du palais. L’une d’elle, décorée d’un miroir, dévoile à l’enfant la triste vérité. C’est le cœur brisé qu’il aperçoit alors, une dernière fois, la cruelle infante…

Le second texte met en scène un bûcheron, recueillant un Enfant, tombé du ciel, tel une étoile. Le petit grandit en se distinguant non seulement par sa beauté, mais également par sa suffisance et sa cruauté. Cette dernière atteint son paroxysme le jour où l’enfant refuse d’accorder le moindre intérêt à celle qui se présente comme sa mère, parce qu’elle est une mendiante. Sa méchanceté est bientôt punie : à peine la mendiante a-t-elle quitté le village, que l’enfant se transforme en un être hideux, méprisé de tous. En proie au remords, il décide de partie à la recherche de sa mère et d’obtenir son pardon. Après un long parcours, semé d’épreuves lors desquelles il aura l’occasion de prouver sa métamorphose, l’Enfant de l’Etoile découvre sa véritable identité…

Deux courts récits très agréables à lire et qui permettent de retrouver toute la subtilité et la dérision de l’écriture d’Oscar Wilde. Réunissant plusieurs des ingrédients qui font l’attrait des contes traditionnels, ces deux textes traitent également sans fard, avec ironie et finesse, de la cruauté enfantine et de ses funestes conséquences.
Des textes empreints d’émotion (le premier tout particulièrement), au style raffiné, qu’il ne faut, d’ailleurs, pas réserver aux seuls enfants (malgré l’édition jeunesse !).