Notice #4

Composition

Jardine Libaire relève le défi de s’emparer d’un thème des plus ordinaires en littérature – un amour contrarié par les barrières sociales et triomphant (ou presque) – et d’en proposer une déclinaison moderne, au fil d’une plume imaginative, dure, sensuelle, crue. De celles qui traduisent les passions endiablées, les attachements torturés, mais aussi le respect de l’autre dans sa différence.

Indications

  • Une passion endiablée, moderne, sensuelle, vraie
  • Une réflexion subtile sur le monde des conventions, les barrières sociales, familiales, affectives…
  • Personnages dotés d’une réelle profondeur psychologique
  • Une histoire d’amour qui ne tombe pas dans l’écueil du romantisme mièvre ou de l’érotisme banal
  • Un style travaillé, un texte qu’on lâche difficilement

Contre-indications

  • Cru, parfois sulfureux (sans vulgarité)

Bilan

Pour (re)trouver foi en l’amour vrai, pour dépasser les conventions et autres préjugés.

Excipients

#amour #passion #sexe #société #culture #drogue #banlieue #famille #ville #préjugés #maladie mentale #mort #vie

Autres prescriptions

CarolivreBribes … et vous ?

Notice #3

Composition

Un thriller divertissant qui ne renouvelle pas les règles du genre, mais propose une vision intéressante – et originale ? – du thème de l’agoraphobie. Le tout sur un fond riche de références cinématographiques, probables clés d’interprétation du texte.

Indications

  • Un pavé qui se lit avec une grande facilité, des chapitres courts, un style efficace
  • Une réflexion sérieuse sur l’agoraphobie, ses causes et conséquences
  • Un personnage féminin touchant, à la psychologie poussée, notamment dans son travail de deuil

Contre-indications

  • Des ficelles peu originales
  • Des renversements prévisibles et une fin attendue
  • Un contexte culturel qui peut rebuter les non passionnés
  • Quelques longueurs

Bilan

Un texte qui sous la fiction n’en aborde pas moins des sujets aussi sérieux que l’agoraphobie (et son issue possible), le travail de deuil, la pédopsychiatrie

Excipients

#agoraphobie #deuil #enfant #famille #cinéma #film #alcoolisme #voyeurisme  #voisinage #solitude #adolescent #web

Autres prescriptions

Livr’envieConduite en état livresque, Léa Touch Book, Ju lit les MotsBribes … et vous ?

Lonesome

Hiver 1870, le capitaine Jefferson Kyle Kidd parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide des nouvelles du monde : les Irlandais migrent à New York ; une ligne de chemin de fer traverse désormais le Nebraska ; le Popocatepetl, près de Mexico, est entré en éruption. Un soir, après une de ses lectures à Wichita Falls, on propose au Capitaine de ramener dans sa famille, près de San Antonio, la jeune Johanna Leonberger. Quatre ans plus tôt, la fillette a assisté au massacre de ses parents et de sa sœur par les Kiowas qui l’ont épargnée, elle, et élevée comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, qui vivait jadis de son métier d’imprimeur, profite de sa liberté pour sillonner les routes, mais l’argent se fait rare. Il accepte cette mission, en échange d’une pièce d’or, sachant qu’il devra se méfier des voleurs, des Comanches et des Kiowas autant que de l’armée fédérale. Sachant aussi qu’il devra apprivoiser cette enfant devenue sauvage qui guette la première occasion de s’échapper. Pourtant, au fil des kilomètres, ces deux survivants solitaires tisseront un lien qui fera leur force. Dans ce splendide roman aux allures de western, Paulette Jiles aborde avec pudeur des sujets aussi universels que les origines, le devoir, l’honneur et la confiance (quatrième de couverture).



Un vieil homme solitaire chargé de ramener auprès des siens une jeune captive, arrachée à sa famille indienne d’adoption. Quoique prévisible, on se laisse porter par l’histoire touchante de ce duo improbable et attachant amené à se côtoyer, à s’apprivoiser avec bienveillance et compréhension, à se soutenir tout au long d’un voyage périlleux et formateur. Un message de solidarité fort, sublimé par un récit tout en pudeur et une ambiance singulière qui fait peut-être plus encore la force de ce roman. Je n’avais jamais lu de « western » auparavant et j’ai particulièrement apprécié l’immersion dépaysante dans une époque, de sublimes paysages (révélés par de talentueuses descriptions) et un pan passionnant de l’Histoire du Far West. Je recommande.

Errances indiennes

J’ai coutume de dire qu’un excellent roman est celui qui crée un sentiment de manque une fois la dernière page tournée. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti en refermant le superbe Envol du moineau d’Amy Belding Brown. Si prenant que je l’ai parcouru en quelques heures. Si touchant que j’ai eu beaucoup de difficulté à choisir la lecture qui lui succéderait.

L’auteur nous offre un roman historique d’une belle densité. Basé sur des faits réels, richement documenté, il est crédible et érudit, déroulant sous nos yeux, l’épisode de la colonisation en Amérique au 17e siècle. Mary Rowlandson est l’épouse du pasteur d’une communauté de Presbytériens rigoristes venus d’Angleterre. Sous le joug de son époux, Mary, docile, courbe l’échine, même si les mœurs puritaines de sa famille et de sa communauté la révoltent en son âme et conscience.
Sa vie faite de soumission prend un tournant inattendu lors de l’attaque de son village par les Indiens. Faite prisonnière, elle doit épouser la vie d’errance de la tribu alconquienne, alors qu’elle devient la servante de Weetamoo, sa maîtresse mais aussi la cheffe respectée du clan. Et c’est paradoxalement parmi les « sauvages » que Mary fait l’expérience de l’humanité et l’humanisme et qu’elle apprivoise une toute nouvelle liberté, qu’elle aura a cœur de conserver au moment de son retour à la civilisation.



L’Envol du moineau, c’est un épisode tragique et captivant de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre. C’est une héroïne courageuse qui assume avec force son émancipation. C’est une ode à l’affranchissement des servitudes qu’elles soient féminines, cultuelles ou d’un peuple. C’est un tableau subtile et nuancé de la culture indienne, faite de violence archaïque, mais aussi de respect et d’amour. C’est enfin un hommage à la nature, à la liberté, à l’épanouissement de soi. Divinement beau.

Vite dit #1


Quelques longueurs mises à part, j’ai réellement pris plaisir à descendre dans les profondeurs de Silo. Une première immersion réussie pour moi dans la S.F. même si j’ai eu parfois quelques difficultés à me représenter (mentalement) un univers qui souvent m’échappait, malgré la précision et le réalisme des descriptions.

Inventif. Préoccupant. Harassant.

Hugh Howey, Silo, Actes sud, 2012, ♥♥♥♥

Wish upon a star

Les lumières dangereuses d’Hollywood. 1938. Julie Crawford n’a qu’une idée en tête : devenir scénariste. Aussi quitte-t-elle sa ville natale de l’Indiana pour gagner Hollywood. Sur place, ses illusions se heurtent à la réalité des studios : réalisateurs irascibles, vedettes capricieuses… Par chance, la jeune femme croise la route d’une star : Carole Lombard, dont la liaison avec Clark Gable défraie la chronique.Devenue l’assistante de Carole, Julie est aux premières loges de ce scandale qui pourrait nuire au film à succès que promet d’être Autant en emporte le vent, en cours de tournage.
Prise dans un tourbillon qui la dépasse, Julie réussira-t-elle à prendre son envol, ou verra-t-elle ses espoirs balayés par la prestigieuse usine à rêves ?

Je suis ici pour participer au tournage d’Autant en emporte le vent, un film qui n’existe pas encore, un monstre de désorganisation dont le scénario n’est toujours pas terminé, au point que nombreux sont ceux qui lui attribuent déjà le titre du plus terrible désastre de l’histoire du cinéma mondial.

Un excellent roman d’apprentissage, un brin sentimental, qui vaut aussi et surtout pour sa merveilleuse toile de fond. Entre fiction et réalisme, l’intrigue plonge le lecteur dans le tournage du film culte de la fin des années 30, l’entraîne dans les coulisses de sa fabrication, l’invite à côtoyer les célébrités qui en ont fait un chef-d’oeuvre. Vivien Leight, mutine à souhait, Clark Gable, aussi séduisant et admirable à la vie qu’à la scène, mais aussi Carole Lombard, actrice renommée au destin tragique et compagne de ce dernier. Elle y incarne la femme moderne, épouse au caractère bien trempé, amie idéale et mentor avisé pour la jeune et candide Julie Crawford, projetée dans un monde qui l’attire autant qu’il la dépasse et dans une histoire amoureuse endiablée.
Passionné et passionnant, Si près des étoiles s’avère un hommage d’une belle tournure et d’une bonne qualité, que je recommande vivement aux amoureux de ce film incontournable du cinéma hollywoodien.

Kate Alcott, Si près des étoiles, éditions L’Archipel, 2019, ♥♥♥♥♥
Lecture en partenariat

A la vie, à la mort

Quand les choses se corsaient, il n’y avait plus personne.

Nous avant tout le reste : ce pourrait être la devise de cinq amies d’enfance, réunies pour quelques jours dans la maison de la forte tête du groupe, Anna, qui est gravement malade. L’occasion de se remémorer tout ce qu’elles ont traversé, des premières amours aux séparations, des quatre cents coups de l’adolescence jusqu’aux femmes qu’elles sont devenues – la vie et son cortège de drames et de joies. Le temps a passé mais leur amitié a survécu à tout et est plus vivante que jamais (quatrième de couverture).

Des chapitres particulièrement brefs (c’en est parfois déroutant) et autant de petits récits – souvenirs ou moments présents – qui évoquent les liens indéfectibles d’une bande d’amies depuis toujours. Si elles sont aujourd’hui réunies c’est pour entourer de leur présence et de leurs soins attentifs l’une d’entre elles, en phase terminale d’un cancer. En résulte un tableau spontané et franc de l’amitié avec un grand A, entre fidélité et petites mesquineries, grandes jalousies et discrètes effusions. Sincère, touchant, prenant, féminin, universel, même si le lecteur se sent parfois tenu à distance de cette sororité souvent exclusive, tant elle est absolue.

Victoria Redel, Nous avant tout le reste, J’ai lu, 2019, ♥♥♥♥
Lecture en partenariat avec les éditions J’ai lu.

R.I.P

Tu es la seule personne au monde qui prendra soin de toi. Plus vite tu le comprendras, mieux tu te porteras.

À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables (quatrième de couverture)

A l’image d’Amélia, Kimberly McCreight nous propose avec Là où elle repose un thriller résolument moderne et efficace.
Côté style, on y retrouve l’alternance des points de vue (quatre voix féminines), le mélange des supports (des articles de presse en ligne et leurs commentaires, des extraits de journaux intimes…), de nombreux flashbacks, avec pour effet un texte dynamique, intéressant à lire et captivant. Côté intrigue, l’auteur s’est (encore) amélioré : l’histoire et la psychologie des personnages se sont étoffées. Molly n’est pas seulement une femme blessée, c’est une journaliste dont les investigations mènent à la résolution de plusieurs crimes. Le récit, plus dense, plus complexe se ramifie avec intelligence pour aborder des thématiques multiples telles que la maternité, le deuil, l’éducation, l’adolescence, le viol et la trahison. Le tout édifiant un portrait au vitriol de la bourgeoisie américaine, du monde universitaire, de la vie de couple, vérolés par le mensonge et les non-dits.

Kimberly McCreight, Là où elle repose, Cherche-midi, 2016, ♥♥♥♥

Throwback Thursday Livresque #45

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

 

The last chance

Pour moi, ce sera, sans hésiter, ce roman d’anticipation jeunesse qui m’a fait découvrir un style et qui m’a emportée dans une histoire captivante et touchante.

MalleyLa Déclaration
Gemma Malley
Naïve, 2007
Ma chronique

Royaume-Uni, 2140. Un traitement contre la vieillesse et la maladie permet à la population du globe de ne plus mourir. Cette longévité a cependant une contrepartie : les femmes doivent renoncer à donner naissance à un enfant.
Anna est le fruit d’un manquement à cette loi. C’est la raison pour laquelle elle vit recluse dans le pensionnat de Grange Hall, établissement dévolu à l’éducation des enfants nés illégalement. Maltraités, humiliés, endoctrinés, les Surplus doivent y apprendre l’obéissance et la servitude et c’est ainsi qu’Anna s’évertue, chaque jour, à devenir un bon Élément. Toutefois, l’arrivée du Surplus Peter, qui prétend connaître l’histoire et les parents d’Anna, va peu à peu brouiller les certitudes de la jeune fille (quatrième de couverture).

Throwback Thursday Livresque #43

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

tbtl201843

FRISSONS, SANG, HORREUR, THRILLER, ANGOISSE, SUSPENS…

 

MRhorrorstor.inddGrady Hendrix
Horrorstör
Milan et demi
2015
Chronique

Il se passe quelque chose d’étrange au magasin de meubles Orsk à Cleveland, en Ohio. Ces derniers temps, les employés découvrent, en arrivant le matin, des étagères Kjërring démontées, des piles de gobelets Glans renversées, des armoires Liripip fracassées… Les ventes sont en berne, les responsables de rayon paniqués : les caméras de surveillance ne montrent rien d’anormal. Pour lever le mystère, une équipe de trois employés s’engage à rester sur place toute une nuit. Au cœur de l’obscurité, ils arpentent les allées du showroom désert, courent après d’inquiétants bruits et finiront pas se confronter aux pires horreurs… (quatrième de couverture)

En famille

Les beignets devraient représenter le signe universel du bonheur.
On pourrait gagner des guerres avec des beignets.

Elle qui croyait être accueillie à bras ouverts… Quand Nora Stuart, jeune gastroentérologue, se fait renverser par une camionnette d’extermination des nuisibles, elle y voit comme un signe. Ajoutez à cela une séance aux urgences durant laquelle son petit ami flirte ouvertement avec une autre, et c’est la goutte d’eau.
Ressentant un besoin urgent de soutien, Nora saute le pas et décide de revenir à Scupper Island, son île natale qu’elle avait soigneusement évitée depuis 15 ans. Si elle espérait que les habitants de l’île lui auraient pardonné tout ce qu’ils lui reprochaient au lycée, c’est raté.
L’accueil de sa mère et de sa nièce est tout aussi froid. Mais c’était sans compter sur l’optimisme et la détermination sans faille de Nora, prête à tout pour ressouder sa famille et passer un bon été sur cette île qui n’oublie jamais rien (quatrième de couverture).

Higginsmaintenantdis_250Bien m’en a pris lorsque j’ai sélectionné un peu par hasard ce roman sur Netgalley, à la recherche d’une histoire distrayante et attirée par le résumé de l’éditeur. Nora, jeune gastroentérologue, retourne sur son île natale après avoir été renversée par une camionnette. L’occasion pour elle de faire le point sur sa vie amoureuse et surtout de renouer avec ses origines. Non sans mal ! Entre un compagnon volage, menteur mais crampon, une mère des plus distantes, un père envolé, une sœur en prison, une nièce adolescente en pleine rébellion et la rancœur tenace des villageois qui ne lui pardonnent pas sa réussite, Nora, admirable de ténacité, n’a pas vraiment le temps de s’apitoyer sur son sort. Au fil des pages, c’est non seulement l’histoire de la jeune femme, mais aussi celle d’une famille déchirée qui se dessine. Le propos du roman est sérieux : il est question d’agression, de bipolarité, de différence, de secrets familiaux, d’amertume, d’injustice, mais aussi d’amitié, d’amour, d’espoir et de reconstruction. Le tout en un style enlevé, non dénué d’humour, qui allège un peu la gravité des thèmes évoqués. Je recommande vivement.

Kristian Higgins, Maintenant que tu le dis, Harper Collins, 2018,  ♥♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – Deuxième année – Feinte de Wronski (quidditch)
un livre avec une flèche sur la couverture

Throwback Thursday Livresque #38

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

tbtl2018-38

Il peut s’agir un roman meilleur qu’on le pensait, d’un personnage qui se révèle, d’un lieu, décor, paysage, d’une situation, d’une émotions… bref quelque chose qui a fait vibrer votre être de lecteur.

Mon joyau caché, c’est un livre que j’ai étudié pendant mes années de fac. Un petit livre que je pensais sans prétention mais qui s’est révélé un véritable petit bijou. Adoré à tel point, que je le relis une fois par an, depuis 17 ans (ça ne nous rajeunit pas tout ça !). Le connaissez-vous ?

9782844120595Robert Nathan
Le Portrait de Jennie
Joëlle Losfeld
Chronique
Posologie

Un jeune peintre, pauvre et méconnu, fait la connaissance d’une petite fille, tandis qu’elle joue, seule, au beau milieu du parc qu’il traverse. Ils se lient d’amitié et Jennie fait alors le vœu de grandir le plus vite possible, pour que leur soit donnée la possibilité de s’aimer. Ce qu’Eben Adams ignore, alors que se noue ce pacte enfantin, c’est que Jennie Appleton – qui n’est autre qu’une apparition d’autrefois, une âme perdue – va tenir sa promesse. Et qu’une telle rencontre va bouleverser sa vie d’homme et d’artiste à tout jamais…

Les fabuleuses pensées d’Allie

Règle n°1 : il ne faut jamais enfoncer une spatule au fond de la gorge de sa meilleure amie.

Je ne connaissais pas la plume de Meg Cabot et dans mon projet actuel de mieux connaître la littérature jeunesse et young adult, je crois avoir fait une belle découverte. Qui va d’ailleurs se poursuivre, puisque je sais désormais à quel point l’auteur est prolifique !

Allie Punchie, c’est une petite fille de neuf ans comme les autres – qui aime le rose, a besoin d’une meilleure amie et rêve d’avoir son propre animal de compagnie – la malice et la perspicacité en plus. Pour preuve, son petit carnet, dans lequel, se basant sur sa « grande » expérience, elle édicte les règles (pertinentes pour la plupart et toujours désopilantes) qui se doivent de régir sa petite vie. Un quotidien paisible, entre gâteau d’anniversaire et chamailleries avec ses frères, bientôt bouleversé par la décision « injuste » de ses parents : la famille déménage et Allie va devoir quitter école et « copine (autrefois) préférée ». Et Cabotcarnetallie_250le plus sombre est à venir, quand on sait que la maison accueille en son grenier une main de zombie, prête à terrasser les nouveaux habitants ! Comment Allie va-t-elle bien pouvoir empêcher ce qui s’annonce comme la pire des catastrophes ?

J’ai vraiment pris plaisir à l’écoute de ce roman (à partir de 9 ans et de presque 4h) frais, drôle, enlevé, jamais bêtifiant. Et, en tant qu’adulte, j’affirme ne pas m’être ennuyée un seul instant. Il faut dire qu’Allie a un tempérament affirmé et un sens de la répartie qui prête à sourire plus d’une fois et donne envie de la suivre dans ses aventures. J’ai replongé parfois dans les souvenirs de ma propre enfance, un vrai bain de jouvence… Et quel plaisir de voir évoluer une petite fille qui n’est pas (toujours) stéréotypée et l’assume avec conviction !
On l’aura compris, j’ai vraiment adoré et je pense que la prestation de Camille Donda n’y est vraiment pas étrangère. Je recommande, j’en redemande (c’est en effet le premier tome d’une série) et je remercie vivement Audiolib pour cet envoi !

Meg Cabot, Le Carnet d’Allie (tome 1 : le déménagement), Audiolib, 2018, ♥♥♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – Première année -Pitiponk (défense contre les forces du mal)
Un livre où le héros est un enfant (<13 ans)

C’est dans la boîte

« Le sauvetage n’est pas seulement la fin d’une épreuve, mais aussi le début d’une autre ».

1472 jours : c’est le temps qu’a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n’espérer qu’une chose : survivre. Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues. Quand, à la recherche de l’une d’elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu’un prédateur court les rues de Boston, qui s’assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière… Après le succès du Saut de l’ange, Lisa Gardner, l’un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d’une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines (quatrième de couverture)

Lisa Gardner est pour moi une valeur sûre : intrigue riche, personnages d’une bonne facture psychologique, histoire captivante et bien menée, rebondissements et renversements de situation à petites doses mais d’une belle efficacité. Avec le plaisir supplémentaire de retrouver, dans chaque opus, le personnage récurrent de D.D. Warren dont j’aime la ténacité et le caractère bien trempé. Dans cet épisode – blessure récente oblige – c’est en tant que superviseur que D.D. mène l’enquête. Mais ce serait bien mal la connaître que de l’imaginer recluse dans son bureau, à mener tâches administratives et rendre compte du travail de ses collègues. Il faut avouer que Flora l’intrigue autant que nous. Bien qu’elle s’en défende, la jeune femme mène une véritable chasse aux sorcières, depuis qu’elle a été enlevée, séquestrée et a réussi à échapper à son bourreau. Mais à jouer avec le feu, Flora se retrouve bientôt prise au piège pour la seconde fois. Enquête, expériences passées et présentes se mêlent, dévoilant notamment – et c’est l’intérêt principal de ce roman – le vécu terrible, les pensées et la stratégie de survie d’une captive. On dévore, avide de comprendre les motivations profondes et rédemptrices de Flora, alors que se dévoilent progressivement l’identité et les desseins pervers de ses ravisseurs.

J’ai écouté l’enregistrement de ce roman (14h03) dans le cadre d’un partenariat avec Audiolib que je remercie très vivement. La lecture de Colette Sodoyez est vivante, prenante, avec pour seul bémol une voix parfois un peu trop sensuelle pour coller véritablement aux tempéraments intrépides et déterminés des personnages féminins de ce récit.

Lisa Gardner, Lumière noire, Audiolib, 2018, ♥♥♥♥♥