Décalé

Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café.

Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne.



Bien que n’étant pas une grande amatrice de BD, je ne loupe aucune (ou presque) des parutions de l’inénarrable Fabcaro dont j’aime le regard à la fois acerbe et plein d’humour qu’il pose sur l’absurdité de notre société. Quand j’ai appris que l’auteur avait également un roman à son palmarès littéraire, j’ai été à la fois ravie et sceptique : allais-je être convaincue par du Fabcaro version longue ? Son propos ferait-il autant mouche en perdant sa formule lapidaire et dessinée ?
La réponse est un grand oui. J’ai eu le plaisir de retrouver dans ce texte le discours désopilant, satirique et décalé que j’espérais. De même que la franche critique des faux semblants inhérents aux relations de famille ou de couple (que l’on trouve notamment dans le récent et excellent Formica). Ce qui fait alors la différence ? Une petite dose d’émotion (inattendue) en plus. Le personnage d’Adrien n’est pas seulement cocasse et navrant, il est particulièrement touchant dans sa solitude, son anxiété, sa différence. Et, par extension, c’est tout le discours de l’auteur qui gagne en profondeur. Bref, M. Fabcaro, le roman vous va divinement bien (aussi) !

N.B. je découvre ce jour qu’il existe une version audio du livre, narrée par Alain Chabat. Je ne doute pas de l’excellence de cette interprétation que j’écouterais bien à l’occasion…

Lecture en partenariat

Girls just want to have fun

Vivian, jeune fille de 19 ans issue de la bourgeoisie américaine, fait le désespoir de ses parents en ne réalisant pas les ambitions universitaires qu’ils ont pour elle. Las, ils envoient leur fille à New-York, aux bons soins d’une tante dont ils connaissent (et condamnent paradoxalement) les excentricités. Tante Peg est en effet la propriétaire haute en couleur d’un théâtre populaire en plein Times Square. Émerveillée par les perspectives de la grande ville et influencée par les personnalités exubérantes qu’elle fréquente au quotidien, Vivian immature et frivole, se laisse emporter dans un tourbillon effréné de fêtes débridées, d’aventures répétées et sans lendemain. D’excès en excès, elle commet bientôt un impair qui lui vaut d’être renvoyée dans ses pénates. Si la leçon porte ses fruits, la jeune fille n’en saute pas moins sur la première occasion qui lui est donnée de retrouver New-York, toutefois dépeuplée et transfigurée par les affres de la Seconde Guerre Mondiale. Et si, c’est une femme plus sage et aguerrie qui se dévoile peu à peu, elle n’en reste pas moins indéniablement forte et indépendante.



Ayant conservé une tendresse toute particulière pour son célèbre Mange, prie, aime, j’ai abordé le nouveau roman d’Elizabeth Gilbert avec confiance et impatience, quand m’a été donnée l’occasion de le découvrir en avant-première (par les éditions Calmann-Lévy que je remercie infiniment). Aussitôt reçu, aussitôt lu et apprécié sans aucune réserve.
Pour sa toile de fond historique et culturelle tout d’abord : une plongée endiablée dans la New-York des années 40 (et suivantes), dans le monde du spectacle, du théâtre, parmi les acteurs, les danseurs, les showgirls, les journalistes et les critiques d’art. Un cadre et une époque décoiffants de liberté, d’insouciance et de légèreté décrits en une fresque pertinente et documentée (je pense même que plusieurs références méconnues m’ont échappé).
Pour son histoire sémillante, captivante, facétieuse, mais qui sait aussi se faire plus grave, plus tendre au fil des pages, du temps qui passe et d’une époque qui s’assombrit et évolue.
Pour ses personnages complexes, attachants, aux réparties désopilantes, aux amours impossibles, aux liens indéfectibles, aux défauts (im)pardonnables, aux rédemptions inattendues, aux tempéraments, légers ou graves, mais résolument affirmés (sérieuse et si fidèle Olive, tu resteras dans ce roman mon coup de cœur absolu !)
Pour l’évolution réussie du protagoniste principal, Vivian, jeune fille influençable, superficielle, insignifiante et passablement agaçante, bientôt transformée en une femme libre de ses choix, forte de ses convictions, fiable et fidèle en amitié, “intéressante” et passionnée.
Pour son écriture enfin : Au Bonheur des filles est un roman d’apprentissage bien construit, enlevé, d’une certaine densité, mais qui se dévore en quelques jours et qu’on lâche difficilement !
Il sort le 5 février : ce jour-là, courez en librairie !

Lecture en partenariat

Notice #4

Composition

Jardine Libaire relève le défi de s’emparer d’un thème des plus ordinaires en littérature – un amour contrarié par les barrières sociales et triomphant (ou presque) – et d’en proposer une déclinaison moderne, au fil d’une plume imaginative, dure, sensuelle, crue. De celles qui traduisent les passions endiablées, les attachements torturés, mais aussi le respect de l’autre dans sa différence.

Indications

  • Une passion endiablée, moderne, sensuelle, vraie
  • Une réflexion subtile sur le monde des conventions, les barrières sociales, familiales, affectives…
  • Personnages dotés d’une réelle profondeur psychologique
  • Une histoire d’amour qui ne tombe pas dans l’écueil du romantisme mièvre ou de l’érotisme banal
  • Un style travaillé, un texte qu’on lâche difficilement

Contre-indications

  • Cru, parfois sulfureux (sans vulgarité)

Bilan

Pour (re)trouver foi en l’amour vrai, pour dépasser les conventions et autres préjugés.

Excipients

#amour #passion #sexe #société #culture #drogue #banlieue #famille #ville #préjugés #maladie mentale #mort #vie

Autres prescriptions

CarolivreBribes … et vous ?

Notice #3

Composition

Un thriller divertissant qui ne renouvelle pas les règles du genre, mais propose une vision intéressante – et originale ? – du thème de l’agoraphobie. Le tout sur un fond riche de références cinématographiques, probables clés d’interprétation du texte.

Indications

  • Un pavé qui se lit avec une grande facilité, des chapitres courts, un style efficace
  • Une réflexion sérieuse sur l’agoraphobie, ses causes et conséquences
  • Un personnage féminin touchant, à la psychologie poussée, notamment dans son travail de deuil

Contre-indications

  • Des ficelles peu originales
  • Des renversements prévisibles et une fin attendue
  • Un contexte culturel qui peut rebuter les non passionnés
  • Quelques longueurs

Bilan

Un texte qui sous la fiction n’en aborde pas moins des sujets aussi sérieux que l’agoraphobie (et son issue possible), le travail de deuil, la pédopsychiatrie

Excipients

#agoraphobie #deuil #enfant #famille #cinéma #film #alcoolisme #voyeurisme  #voisinage #solitude #adolescent #web

Autres prescriptions

Livr’envieConduite en état livresque, Léa Touch Book, Ju lit les MotsBribes … et vous ?

Lonesome

Hiver 1870, le capitaine Jefferson Kyle Kidd parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide des nouvelles du monde : les Irlandais migrent à New York ; une ligne de chemin de fer traverse désormais le Nebraska ; le Popocatepetl, près de Mexico, est entré en éruption. Un soir, après une de ses lectures à Wichita Falls, on propose au Capitaine de ramener dans sa famille, près de San Antonio, la jeune Johanna Leonberger. Quatre ans plus tôt, la fillette a assisté au massacre de ses parents et de sa sœur par les Kiowas qui l’ont épargnée, elle, et élevée comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, qui vivait jadis de son métier d’imprimeur, profite de sa liberté pour sillonner les routes, mais l’argent se fait rare. Il accepte cette mission, en échange d’une pièce d’or, sachant qu’il devra se méfier des voleurs, des Comanches et des Kiowas autant que de l’armée fédérale. Sachant aussi qu’il devra apprivoiser cette enfant devenue sauvage qui guette la première occasion de s’échapper. Pourtant, au fil des kilomètres, ces deux survivants solitaires tisseront un lien qui fera leur force. Dans ce splendide roman aux allures de western, Paulette Jiles aborde avec pudeur des sujets aussi universels que les origines, le devoir, l’honneur et la confiance (quatrième de couverture).



Un vieil homme solitaire chargé de ramener auprès des siens une jeune captive, arrachée à sa famille indienne d’adoption. Quoique prévisible, on se laisse porter par l’histoire touchante de ce duo improbable et attachant amené à se côtoyer, à s’apprivoiser avec bienveillance et compréhension, à se soutenir tout au long d’un voyage périlleux et formateur. Un message de solidarité fort, sublimé par un récit tout en pudeur et une ambiance singulière qui fait peut-être plus encore la force de ce roman. Je n’avais jamais lu de « western » auparavant et j’ai particulièrement apprécié l’immersion dépaysante dans une époque, de sublimes paysages (révélés par de talentueuses descriptions) et un pan passionnant de l’Histoire du Far West. Je recommande.

Errances indiennes

J’ai coutume de dire qu’un excellent roman est celui qui crée un sentiment de manque une fois la dernière page tournée. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti en refermant le superbe Envol du moineau d’Amy Belding Brown. Si prenant que je l’ai parcouru en quelques heures. Si touchant que j’ai eu beaucoup de difficulté à choisir la lecture qui lui succéderait.

L’auteur nous offre un roman historique d’une belle densité. Basé sur des faits réels, richement documenté, il est crédible et érudit, déroulant sous nos yeux, l’épisode de la colonisation en Amérique au 17e siècle. Mary Rowlandson est l’épouse du pasteur d’une communauté de Presbytériens rigoristes venus d’Angleterre. Sous le joug de son époux, Mary, docile, courbe l’échine, même si les mœurs puritaines de sa famille et de sa communauté la révoltent en son âme et conscience.
Sa vie faite de soumission prend un tournant inattendu lors de l’attaque de son village par les Indiens. Faite prisonnière, elle doit épouser la vie d’errance de la tribu alconquienne, alors qu’elle devient la servante de Weetamoo, sa maîtresse mais aussi la cheffe respectée du clan. Et c’est paradoxalement parmi les « sauvages » que Mary fait l’expérience de l’humanité et l’humanisme et qu’elle apprivoise une toute nouvelle liberté, qu’elle aura a cœur de conserver au moment de son retour à la civilisation.



L’Envol du moineau, c’est un épisode tragique et captivant de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre. C’est une héroïne courageuse qui assume avec force son émancipation. C’est une ode à l’affranchissement des servitudes qu’elles soient féminines, cultuelles ou d’un peuple. C’est un tableau subtile et nuancé de la culture indienne, faite de violence archaïque, mais aussi de respect et d’amour. C’est enfin un hommage à la nature, à la liberté, à l’épanouissement de soi. Divinement beau.

Vite dit #1


Quelques longueurs mises à part, j’ai réellement pris plaisir à descendre dans les profondeurs de Silo. Une première immersion réussie pour moi dans la S.F. même si j’ai eu parfois quelques difficultés à me représenter (mentalement) un univers qui souvent m’échappait, malgré la précision et le réalisme des descriptions.

Inventif. Préoccupant. Harassant.

Hugh Howey, Silo, Actes sud, 2012, ♥♥♥♥

Wish upon a star

Les lumières dangereuses d’Hollywood. 1938. Julie Crawford n’a qu’une idée en tête : devenir scénariste. Aussi quitte-t-elle sa ville natale de l’Indiana pour gagner Hollywood. Sur place, ses illusions se heurtent à la réalité des studios : réalisateurs irascibles, vedettes capricieuses… Par chance, la jeune femme croise la route d’une star : Carole Lombard, dont la liaison avec Clark Gable défraie la chronique.Devenue l’assistante de Carole, Julie est aux premières loges de ce scandale qui pourrait nuire au film à succès que promet d’être Autant en emporte le vent, en cours de tournage.
Prise dans un tourbillon qui la dépasse, Julie réussira-t-elle à prendre son envol, ou verra-t-elle ses espoirs balayés par la prestigieuse usine à rêves ?

Je suis ici pour participer au tournage d’Autant en emporte le vent, un film qui n’existe pas encore, un monstre de désorganisation dont le scénario n’est toujours pas terminé, au point que nombreux sont ceux qui lui attribuent déjà le titre du plus terrible désastre de l’histoire du cinéma mondial.

Un excellent roman d’apprentissage, un brin sentimental, qui vaut aussi et surtout pour sa merveilleuse toile de fond. Entre fiction et réalisme, l’intrigue plonge le lecteur dans le tournage du film culte de la fin des années 30, l’entraîne dans les coulisses de sa fabrication, l’invite à côtoyer les célébrités qui en ont fait un chef-d’oeuvre. Vivien Leight, mutine à souhait, Clark Gable, aussi séduisant et admirable à la vie qu’à la scène, mais aussi Carole Lombard, actrice renommée au destin tragique et compagne de ce dernier. Elle y incarne la femme moderne, épouse au caractère bien trempé, amie idéale et mentor avisé pour la jeune et candide Julie Crawford, projetée dans un monde qui l’attire autant qu’il la dépasse et dans une histoire amoureuse endiablée.
Passionné et passionnant, Si près des étoiles s’avère un hommage d’une belle tournure et d’une bonne qualité, que je recommande vivement aux amoureux de ce film incontournable du cinéma hollywoodien.

Kate Alcott, Si près des étoiles, éditions L’Archipel, 2019, ♥♥♥♥♥
Lecture en partenariat

A la vie, à la mort

Quand les choses se corsaient, il n’y avait plus personne.

Nous avant tout le reste : ce pourrait être la devise de cinq amies d’enfance, réunies pour quelques jours dans la maison de la forte tête du groupe, Anna, qui est gravement malade. L’occasion de se remémorer tout ce qu’elles ont traversé, des premières amours aux séparations, des quatre cents coups de l’adolescence jusqu’aux femmes qu’elles sont devenues – la vie et son cortège de drames et de joies. Le temps a passé mais leur amitié a survécu à tout et est plus vivante que jamais (quatrième de couverture).

Des chapitres particulièrement brefs (c’en est parfois déroutant) et autant de petits récits – souvenirs ou moments présents – qui évoquent les liens indéfectibles d’une bande d’amies depuis toujours. Si elles sont aujourd’hui réunies c’est pour entourer de leur présence et de leurs soins attentifs l’une d’entre elles, en phase terminale d’un cancer. En résulte un tableau spontané et franc de l’amitié avec un grand A, entre fidélité et petites mesquineries, grandes jalousies et discrètes effusions. Sincère, touchant, prenant, féminin, universel, même si le lecteur se sent parfois tenu à distance de cette sororité souvent exclusive, tant elle est absolue.

Victoria Redel, Nous avant tout le reste, J’ai lu, 2019, ♥♥♥♥
Lecture en partenariat avec les éditions J’ai lu.

R.I.P

Tu es la seule personne au monde qui prendra soin de toi. Plus vite tu le comprendras, mieux tu te porteras.

À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables (quatrième de couverture)

A l’image d’Amélia, Kimberly McCreight nous propose avec Là où elle repose un thriller résolument moderne et efficace.
Côté style, on y retrouve l’alternance des points de vue (quatre voix féminines), le mélange des supports (des articles de presse en ligne et leurs commentaires, des extraits de journaux intimes…), de nombreux flashbacks, avec pour effet un texte dynamique, intéressant à lire et captivant. Côté intrigue, l’auteur s’est (encore) amélioré : l’histoire et la psychologie des personnages se sont étoffées. Molly n’est pas seulement une femme blessée, c’est une journaliste dont les investigations mènent à la résolution de plusieurs crimes. Le récit, plus dense, plus complexe se ramifie avec intelligence pour aborder des thématiques multiples telles que la maternité, le deuil, l’éducation, l’adolescence, le viol et la trahison. Le tout édifiant un portrait au vitriol de la bourgeoisie américaine, du monde universitaire, de la vie de couple, vérolés par le mensonge et les non-dits.

Kimberly McCreight, Là où elle repose, Cherche-midi, 2016, ♥♥♥♥

Throwback Thursday Livresque #45

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

 

The last chance

Pour moi, ce sera, sans hésiter, ce roman d’anticipation jeunesse qui m’a fait découvrir un style et qui m’a emportée dans une histoire captivante et touchante.

MalleyLa Déclaration
Gemma Malley
Naïve, 2007
Ma chronique

Royaume-Uni, 2140. Un traitement contre la vieillesse et la maladie permet à la population du globe de ne plus mourir. Cette longévité a cependant une contrepartie : les femmes doivent renoncer à donner naissance à un enfant.
Anna est le fruit d’un manquement à cette loi. C’est la raison pour laquelle elle vit recluse dans le pensionnat de Grange Hall, établissement dévolu à l’éducation des enfants nés illégalement. Maltraités, humiliés, endoctrinés, les Surplus doivent y apprendre l’obéissance et la servitude et c’est ainsi qu’Anna s’évertue, chaque jour, à devenir un bon Élément. Toutefois, l’arrivée du Surplus Peter, qui prétend connaître l’histoire et les parents d’Anna, va peu à peu brouiller les certitudes de la jeune fille (quatrième de couverture).

Throwback Thursday Livresque #43

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

tbtl201843

FRISSONS, SANG, HORREUR, THRILLER, ANGOISSE, SUSPENS…

 

MRhorrorstor.inddGrady Hendrix
Horrorstör
Milan et demi
2015
Chronique

Il se passe quelque chose d’étrange au magasin de meubles Orsk à Cleveland, en Ohio. Ces derniers temps, les employés découvrent, en arrivant le matin, des étagères Kjërring démontées, des piles de gobelets Glans renversées, des armoires Liripip fracassées… Les ventes sont en berne, les responsables de rayon paniqués : les caméras de surveillance ne montrent rien d’anormal. Pour lever le mystère, une équipe de trois employés s’engage à rester sur place toute une nuit. Au cœur de l’obscurité, ils arpentent les allées du showroom désert, courent après d’inquiétants bruits et finiront pas se confronter aux pires horreurs… (quatrième de couverture)

En famille

Les beignets devraient représenter le signe universel du bonheur.
On pourrait gagner des guerres avec des beignets.

Elle qui croyait être accueillie à bras ouverts… Quand Nora Stuart, jeune gastroentérologue, se fait renverser par une camionnette d’extermination des nuisibles, elle y voit comme un signe. Ajoutez à cela une séance aux urgences durant laquelle son petit ami flirte ouvertement avec une autre, et c’est la goutte d’eau.
Ressentant un besoin urgent de soutien, Nora saute le pas et décide de revenir à Scupper Island, son île natale qu’elle avait soigneusement évitée depuis 15 ans. Si elle espérait que les habitants de l’île lui auraient pardonné tout ce qu’ils lui reprochaient au lycée, c’est raté.
L’accueil de sa mère et de sa nièce est tout aussi froid. Mais c’était sans compter sur l’optimisme et la détermination sans faille de Nora, prête à tout pour ressouder sa famille et passer un bon été sur cette île qui n’oublie jamais rien (quatrième de couverture).

Higginsmaintenantdis_250Bien m’en a pris lorsque j’ai sélectionné un peu par hasard ce roman sur Netgalley, à la recherche d’une histoire distrayante et attirée par le résumé de l’éditeur. Nora, jeune gastroentérologue, retourne sur son île natale après avoir été renversée par une camionnette. L’occasion pour elle de faire le point sur sa vie amoureuse et surtout de renouer avec ses origines. Non sans mal ! Entre un compagnon volage, menteur mais crampon, une mère des plus distantes, un père envolé, une sœur en prison, une nièce adolescente en pleine rébellion et la rancœur tenace des villageois qui ne lui pardonnent pas sa réussite, Nora, admirable de ténacité, n’a pas vraiment le temps de s’apitoyer sur son sort. Au fil des pages, c’est non seulement l’histoire de la jeune femme, mais aussi celle d’une famille déchirée qui se dessine. Le propos du roman est sérieux : il est question d’agression, de bipolarité, de différence, de secrets familiaux, d’amertume, d’injustice, mais aussi d’amitié, d’amour, d’espoir et de reconstruction. Le tout en un style enlevé, non dénué d’humour, qui allège un peu la gravité des thèmes évoqués. Je recommande vivement.

Kristian Higgins, Maintenant que tu le dis, Harper Collins, 2018,  ♥♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – Deuxième année – Feinte de Wronski (quidditch)
un livre avec une flèche sur la couverture

Throwback Thursday Livresque #38

A l’initiative de BettieRose, ce rendez-vous est conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, mais version livres. Chaque semaine, un thème/ une lecture et l’occasion de ressortir des placards des livres qu’on aime, mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler.

Et ce jeudi :

tbtl2018-38

Il peut s’agir un roman meilleur qu’on le pensait, d’un personnage qui se révèle, d’un lieu, décor, paysage, d’une situation, d’une émotions… bref quelque chose qui a fait vibrer votre être de lecteur.

Mon joyau caché, c’est un livre que j’ai étudié pendant mes années de fac. Un petit livre que je pensais sans prétention mais qui s’est révélé un véritable petit bijou. Adoré à tel point, que je le relis une fois par an, depuis 17 ans (ça ne nous rajeunit pas tout ça !). Le connaissez-vous ?

9782844120595Robert Nathan
Le Portrait de Jennie
Joëlle Losfeld
Chronique
Posologie

Un jeune peintre, pauvre et méconnu, fait la connaissance d’une petite fille, tandis qu’elle joue, seule, au beau milieu du parc qu’il traverse. Ils se lient d’amitié et Jennie fait alors le vœu de grandir le plus vite possible, pour que leur soit donnée la possibilité de s’aimer. Ce qu’Eben Adams ignore, alors que se noue ce pacte enfantin, c’est que Jennie Appleton – qui n’est autre qu’une apparition d’autrefois, une âme perdue – va tenir sa promesse. Et qu’une telle rencontre va bouleverser sa vie d’homme et d’artiste à tout jamais…