Internement

Des lettres bouleversantes. Une jeune femme enfermée. Un mystère à résoudre. 
1956. Ivy Jenkins s’apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 1950 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires. Très rapidement, l’institution la sépare de son bébé. 2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur  des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions  de détention d’Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d’être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire éclater la vérité. Avant qu’elle ne soit ensevelie à jamais… (quatrième de couverture)



Un thriller historique basé sur des faits réels – honteusement peu lointains – qui a tout du page-turner. Deux récits qui alternent puis s’entremêlent pour n’en faire qu’un, une intrigue bien menée, des rebondissements et autres révélations à point nommé… Et ce petit quelque chose en plus qui fait la différence : l’attachement quasi immédiat du lecteur aux deux personnages féminins principaux, parce que le propos, sérieux, concerné, documenté ne peut laisser indifférent. Si le roman frôle seulement le coup de cœur pour moi, c’est parce qu’en habituée de ce genre, j’ai trouvé quelques coïncidences un peu faciles. Néanmoins, je recommanderai cet excellent ouvrage sans aucune hésitation et compte bien le faire acquérir à la médiathèque dans laquelle je travaille !

Lecture en partenariat

Notice #5

Composition

Joëlle Desseigne nous emmène au XIXe siècle et nous plonge dans l’univers des tabletiers éventaillistes de Sainte-Geneviève, dans l’Oise. Parmi eux, Casimir Fauque, ses employés et ses enfants consacrent leur vie à la fabrication des montures d’éventails. Les Fauque incarnent la simplicité des fabricants, entre le faste des réjouissances impériales et la misère des petites gens. L’amour trouvera-t-il sa place au milieu de ces objets singuliers ? (résumé éditeur)

Indications

  • Un roman documenté, un fonds historique d’une grande richesse, une immersion patiente.
  • Une histoire de famille, de générations, de castes sociales (qui n’est pas sans rappeler Zola).
  • Un bel hommage aux métiers et arts oubliés.

Contre-indications

  • Des erreurs (espaces) et choix typographiques (paragraphes trop nombreux) qui rendent la lecture malaisée.
  • Un arbre généalogique trop complexe, une foule de personnages parmi lesquels le lecteur se perd.
  • Un récit parfois elliptique, d’autres fois très bavard, souvent encyclopédique. Le contexte historique est souvent amené de manière artificielle.
  • Manque de fluidité et faiblesse de l’intrigue.

Bilan

Pour découvrir l’art et la manière des tabletiers éventaillistes du 19e siècle.

Excipients

#amour #amitié #famille #société #culture #art #artisanat #création #histoire #régionalisme #ouvriers #bourgeoisie #empire

Autres prescriptions

Les marques-page d’une croqueuse de livres, Mille-et-une feuilles… et vous ?

Lecture en partenariat
ChallengeXIXe : La Bête Humaine

Notice #4

Composition

Jardine Libaire relève le défi de s’emparer d’un thème des plus ordinaires en littérature – un amour contrarié par les barrières sociales et triomphant (ou presque) – et d’en proposer une déclinaison moderne, au fil d’une plume imaginative, dure, sensuelle, crue. De celles qui traduisent les passions endiablées, les attachements torturés, mais aussi le respect de l’autre dans sa différence.

Indications

  • Une passion endiablée, moderne, sensuelle, vraie
  • Une réflexion subtile sur le monde des conventions, les barrières sociales, familiales, affectives…
  • Personnages dotés d’une réelle profondeur psychologique
  • Une histoire d’amour qui ne tombe pas dans l’écueil du romantisme mièvre ou de l’érotisme banal
  • Un style travaillé, un texte qu’on lâche difficilement

Contre-indications

  • Cru, parfois sulfureux (sans vulgarité)

Bilan

Pour (re)trouver foi en l’amour vrai, pour dépasser les conventions et autres préjugés.

Excipients

#amour #passion #sexe #société #culture #drogue #banlieue #famille #ville #préjugés #maladie mentale #mort #vie

Autres prescriptions

CarolivreBribes … et vous ?

Notice #3

Composition

Un thriller divertissant qui ne renouvelle pas les règles du genre, mais propose une vision intéressante – et originale ? – du thème de l’agoraphobie. Le tout sur un fond riche de références cinématographiques, probables clés d’interprétation du texte.

Indications

  • Un pavé qui se lit avec une grande facilité, des chapitres courts, un style efficace
  • Une réflexion sérieuse sur l’agoraphobie, ses causes et conséquences
  • Un personnage féminin touchant, à la psychologie poussée, notamment dans son travail de deuil

Contre-indications

  • Des ficelles peu originales
  • Des renversements prévisibles et une fin attendue
  • Un contexte culturel qui peut rebuter les non passionnés
  • Quelques longueurs

Bilan

Un texte qui sous la fiction n’en aborde pas moins des sujets aussi sérieux que l’agoraphobie (et son issue possible), le travail de deuil, la pédopsychiatrie

Excipients

#agoraphobie #deuil #enfant #famille #cinéma #film #alcoolisme #voyeurisme  #voisinage #solitude #adolescent #web

Autres prescriptions

Livr’envieConduite en état livresque, Léa Touch Book, Ju lit les MotsBribes … et vous ?

Notice #1

Composition

Pour arrondir ses fins de mois, Keisha Ceylon a eu LA bonne idée : troquer ses balais de femme de ménage contre une boule de cristal. Entre thème astral et marc de café, elle s’est fait une spécialité : faits divers et disparitions. Cinq mille dollars contre l’espoir de retrouver un être cher : certaines familles sont prêtes à tout. Et justement, Wendell Garfield est sans nouvelles de sa femme Ellie, volatilisée à la sortie du supermarché une semaine plus tôt. Aucun indice, la police piétine. La presse est en émoi. Wendell et sa fille sont affolés : l’heure est idéale pour l’arnaqueuse qui se prépare à livrer sa plus belle, sa plus troublante, sa plus dangereuse vision… Car, sans le savoir, la fausse voyante vient de frôler de très près une vérité meurtrière. Et de réveiller les instincts d’un tueur en liberté… (quatrième de couverture)

Indications

  • Intrigue captivante
  • Retournements de situations et autres péripéties
  • Touches d’humour
  • Ecriture fluide et intrigue prenante

Contre-indications

  • Brièveté
  • Manque de consistance
  • Moins haletant que les précédents opus

Bilan

Ce roman est recommandé en cas de manque de dynamisme et d’adrénaline, de baisse de moral, de tendance à l’incrédulité ou de défaut d’intuition.

Excipients

#contemporain  #divination #escroquerie #humour #médium #meurtre #thrillerpsychologique #voyance

Autres prescriptions

Bribes…Les petites lectures de MaudLe Blog de ma fabrique de polars … et vous ?

Ange gardien

Gina ira en pension. Son père adoré l’a décrété sans donner la moindre explication : « Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! »
Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.
Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l’évasion… qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l’adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l’antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l’ange gardien se manifeste !
Une série d’aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.



Magda Szabo nous livre un roman d’apprentissage d’une grande sensibilité. Comment ne pas être attendrie par le personnage de Gina, son innocence, sa fougue et son caractère bien trempé ? L’intrigue met à l’honneur l’amour filial et paternel et des valeurs aussi importantes que le courage, le patriotisme, le respect, l’amitié et la solidarité. Avec pour toile de fond le rigide pensionnat Matula qui n’en abrite pas moins des êtres profondément humains et aimants. Un texte qui se lit en quelques heures et mérite le détour.

Libertés

Au cœur de l’Angleterre victorienne, en plein chantier de construction du bâtiment qui abritera l’Exposition universelle, Elizabeth Macneal déroule l’histoire d’Iris, jeune femme au tempérament frondeur qui, du même coup, quitte son emploi dans un petit magasin de poupées et, non sans déchirement, sa sœur jumelle Rose, pour vivre sa vie rêvée de modèle et d’artiste. Elle rejoint Louis, jeune peintre préraphaélite qui espère ardemment voir son tableau exposé en bonne place à la Royal Academy, décision qui marquerait la reconnaissance de son œuvre et plus globalement de sa confrérie. Entre séances de poses et autres leçons de dessin, Galatée ne manque pas de tomber amoureux de son Pygmalion. Et inversement. Un bonheur de courte durée : alors qu’Iris apprend que Louis a épouse et enfant, elle est également enlevée par Silas, trouble taxidermiste obsédé par la jeune femme à la légère difformité et son envie irrépressible d’en faire son trophée…


Avec La Fabrique de poupées, Elizabeth Macneal réalise un coup de maître. Tout en maintenant un suspense bienvenu au long du récit, l’auteur construit une intrigue à la fois sociale, historique et artistique, aussi documentée que passionnante.

L’auteur déploie sous les yeux du lecteur un Londres victorien moins coutumier, loin de l’atmosphère empesée et confortable des quartiers cossus ou petit-bourgeois. On y fréquente des bouges malfamés, des boutiques repoussantes de saleté, des rues peuplées de mendiants, de femmes perdues et d’enfants obligés de voler ou de ramasser des cadavres d’animaux pour survivre.

La vie d’artiste convoitée et courageusement adoptée par Iris, à défaut d’être luxueuse (surtout si elle n’est pas couronnée de succès) lui laisse néanmoins entrevoir un avenir fait d’indépendance. Iris brave les conventions d’une époque corsetée, pour revendiquer non seulement son émancipation artistique, mais aussi personnelle et amoureuse. Et c’est un portrait de femme d’une belle modernité qui se dessine au fil des pages.



Egalement ballotté d’ateliers de peintres en salons artistiques et jusqu’à la prestigieuse Exposition universelle de 1851, le lecteur d’Elizabeth MacNeal y entend parler de Dickens critique d’art, y croise Rosetti, Hunt et Millais et, mine de rien, en apprend beaucoup sur l’esthétisme préraphaélite et son inspiration médiévale, biblique, littéraire… Intelligent et captivant. Tout comme l’intrigue qui, au travers de l’obsession pathologique de Silas, interroge également les notions de folie, de désir, de possession et, une nouvelle fois, de liberté.

Challenge XIXe : une oeuvre sur la peinture