Internement

Des lettres bouleversantes. Une jeune femme enfermée. Un mystère à résoudre. 
1956. Ivy Jenkins s’apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 1950 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires. Très rapidement, l’institution la sépare de son bébé. 2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur  des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions  de détention d’Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d’être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire éclater la vérité. Avant qu’elle ne soit ensevelie à jamais… (quatrième de couverture)



Un thriller historique basé sur des faits réels – honteusement peu lointains – qui a tout du page-turner. Deux récits qui alternent puis s’entremêlent pour n’en faire qu’un, une intrigue bien menée, des rebondissements et autres révélations à point nommé… Et ce petit quelque chose en plus qui fait la différence : l’attachement quasi immédiat du lecteur aux deux personnages féminins principaux, parce que le propos, sérieux, concerné, documenté ne peut laisser indifférent. Si le roman frôle seulement le coup de cœur pour moi, c’est parce qu’en habituée de ce genre, j’ai trouvé quelques coïncidences un peu faciles. Néanmoins, je recommanderai cet excellent ouvrage sans aucune hésitation et compte bien le faire acquérir à la médiathèque dans laquelle je travaille !

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Mariage forcé

En bon disciple de Champfleury, Duranty nous propose avec Le Malheur d’Henriette Gérard, un roman de la vie de province, tout à fait exemplaire du réalisme tel que le défendent ses chantres, même s’il est largement moins connu que ceux d’un Balzac ou d’un Stendhal.

Sans fioriture et sans ambages, son intrigue relate le combat quotidien d’une jeune femme, Henriette, contrainte par sa famille d’éconduire l’homme qu’elle aime pour épouser un vieillard. Un simple résumé (aussi simple que l’intrigue) qui atteste déjà que l’idéalisme des romantiques prédécesseurs est en 1860, date de parution de ce roman, un réel souvenir.
C’est, d’ailleurs, pour son analyse psychologique détaillée (pour ne pas dire décortiquée !) et sa représentation au vitriol d’un milieu social mesquin et ignominieux que ce roman de mœurs vaut vraiment d’être lu.



D’aucun penseront de l’étude qu’elle est un peu pesante à force d’être fouillée ou trouveront le style trop incisif ou dépouillé. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié le style clinique, la tonalité moqueuse et acerbe, l’incursion réussie dans le quotidien de ces bourgeois propriétaires terriens ainsi que la force de caractère et la persévérance du personnage féminin, seule (honnête) contre tous. Un classique de la littérature française du 19e siècle méconnu qui mérite, à mon sens, d’être redécouvert !

ChallengeXIXe : Le Horla
Objectif Pal

Sur le fil

La beauté de la soie. Le plaisir d’un amour.  La cruauté d’une trahison.
1768, Londres. Quand Esther Thorel, l’épouse d’un maître soyeux huguenot, sauve Sara Kemp des griffes d’une mère maquerelle, elle pense accomplir la volonté de Dieu.  Mais Sara, loin d’être reconnaissante, se lasse bientôt  de sa nouvelle vie de domestique au sein de la grande demeure du quartier de Spitalfields, où retentit la cadence des métiers à tisser. La relation des deux femmes se trouble peu à peu, et Sara se met en tête de découvrir ce qui préoccupe Esther. Car la maîtresse de maison a un secret : elle dessine depuis toujours et rêve que son mari, Elias, la laisse créer des motifs pour ses soieries. Lorsque celui-ci balaye ses projets d’un refus moqueur, Esther va involontairement bouleverser le destin du foyer… Sonia Velton tisse une histoire où l’ambition, l’amour  et la trahison se mêlent sur fond de révolte ouvrière et de bouleversements sociaux (quatrième de couverture).



Il y a chez Sonia Velton un talent comparable à celui de Tracy Chevalier et les inconditionnels des romans historiques mâtinés d’un environnement artistique singulier ne bouderont pas leur plaisir ! Transporté dans le Londres du 18e siècle, le lecteur est plongé dans le quotidien des soyeux huguenots. On y parle métier à tisser, tireurs de lacs, navettes et fils de chaîne. On y découvre un métier mis en danger par l’émergence du marché des indiennes, insinuant la révolte sociale dans les corporations ouvrières.

Dans ce contexte socio-historique, deux femmes s’opposent et s’apprivoisent. La première est une épouse servile et bigote. Au premier abord. La seconde, une ancienne prostituée impudente et ingrate, bien vite lassée de la situation de domesticité qui lui est offerte en guise de rédemption. En apparence là aussi. Et quand amour et trahison s’en mêlent, c’est en dépassant leurs préjugés et en s’unissant face à l’adversité qu’elles parviennent à se réaliser en tant qu’artiste, femme ou mère, conquérant ainsi respectivement leur indépendance.

Ce premier roman est un coup de maître. On saluera la richesse documentaire, l’immersion réussie – tous les sens mis à contribution – dans un monde et une atmosphère singuliers. Mais pas seulement. Il est aussi la promesse d’une intrigue captivante, d’une histoire d’amour bouleversante sans être mièvre, d’un récit subtil et admirablement mené et, enfin, d’un portrait de femmes dans leur essentielle complexité. Excellent à tous points de vue !

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Derrière les apparences

Hiver 2011. Deux petites filles se noient dans la Meuse. La plus jeune est tombée à l’eau et sa sœur, qui pourtant ne savait pas nager, a tenté de la sauver. Quelques jours plus tard, un pompier de Liège perd la vie en cherchant les corps.
Liège, le 25 janvier 2012, 11 heures du soir. En pleine tempête de neige, Jordan Nowak, loueur de pianos, aborde le pont-barrage de l’île Monsin. Dans ses phares, soudain, une silhouette penchée sur le parapet. Jordan découvre une jeune femme hagarde qu’il emmène à son hôtel. Là, Éva lui confie qu’elle allait se jeter à l’eau. Le lendemain matin, elle s’est volatilisée.
Que s’est-il passé ? Quel est le lien entre le fait divers terrible de l’hiver 2011 et cette disparition mystérieuse ?
Chargé de l’enquête, le jeune inspecteur Lipsky y voit l’occasion rêvée de faire avancer sa carrière. Mais sa précipitation et son inexpérience vont entraîner toutes les personnes impliquées dans un tourbillon dévastateur révélant, comme toujours chez Armel Job, la vérité de l’âme derrière ce que chacun croit être et donne à voir (quatrième de couverture).

Il y a un peu moins d’un an, je faisais, au détour de Netgalley, la découverte d’un roman choisi au hasard pour sa couverture (Une drôle de fille) et je rencontrais la difficulté (comme souvent) de mettre des mots sur mon engouement. J’avais autant été séduite par l’écriture que l’intrigue, mais plus encore par la finesse de l’analyse psychologique déroulée au fil du récit. Et, j’avais fini, malgré moi, par me contenter d’une critique lapidaire (mais enthousiaste et sincère) qui m’avait laissé un goût d’inachevé. Aussi, je fus d’autant plus surprise quand l’auteur prit le temps de m’écrire non seulement pour me remercier, mais aussi me suggérer l’envoi de son prochain roman.
Et c’est donc avec un plaisir réel que j’ai découvert, il y a quelques semaines dans ma boîte aux lettres, un exemplaire de La disparue de l’île Monsin, dédicacé de manière toute personnelle par Monsieur Job que je remercie infiniment. Ouvrage aussitôt lu, plus qu’apprécié et voilà que je me creuse plus que jamais les méninges pour en faire une chronique… éloquente !

Je m’appuierai pour ce faire sur la critique (brève aussi d’ailleurs !) du Parisien qui, sur le bandeau rouge qui accompagne l’ouvrage, promet « au sens le plus noble du terme […] un grand classique ».
Pari tenu ! Le roman d’Armel Job est un thriller d’excellente facture, sobre mais efficace. Pas de tueur en série, pas de crime alambiqué, pas de mort violente, pas de gerbes de sang (tout juste une égratignure) et encore moins de FBI appelé à la rescousse.
Non, rien qu’une timide disparition, mais qui captive le lecteur et aiguise son envie de savoir et de comprendre. Rien qu’un jeune inspecteur belge, qui, par maladresse et calcul, entraîne la chute d’innocents – ou presque. Rien qu’une mère qui s’en veut de méconnaître sa fille, rien qu’une fille qui regrette de ne pas avoir sauvé son amie. Rien qu’un voisin, rien qu’un loueur de piano… Et autant de détresse et de non-dits.




Encore une fois, l’auteur excelle dans sa capacité à fouiller les tréfonds de l’âme et à en dévoiler la dualité, à analyser ce qui se cache outre les apparences, motive les actes désespérés. A interroger aussi la culpabilité de chacun et la force de (sur)vivre malgré tout.
Encore une fois, il le fait avec une plume ciselée et une grande maîtrise de la langue. Les mots sont pesés, les phrases construites avec soin, subtilité et une touche d’humour bienvenue. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le premier chapitre et sa description divinement sensuelle de la cantatrice Walska. J’oserais parler de morceau de bravoure, si le terme n’était pas galvaudé. Car il n’y ni démonstration, ni performance ampoulée chez Armel Job. Rien qu’un style mesuré, pertinent et respectueux. Et c’est aussi en cela qu’il est un grand classique.

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Notice #5

Composition

Joëlle Desseigne nous emmène au XIXe siècle et nous plonge dans l’univers des tabletiers éventaillistes de Sainte-Geneviève, dans l’Oise. Parmi eux, Casimir Fauque, ses employés et ses enfants consacrent leur vie à la fabrication des montures d’éventails. Les Fauque incarnent la simplicité des fabricants, entre le faste des réjouissances impériales et la misère des petites gens. L’amour trouvera-t-il sa place au milieu de ces objets singuliers ? (résumé éditeur)

Indications

  • Un roman documenté, un fonds historique d’une grande richesse, une immersion patiente.
  • Une histoire de famille, de générations, de castes sociales (qui n’est pas sans rappeler Zola).
  • Un bel hommage aux métiers et arts oubliés.

Contre-indications

  • Des erreurs (espaces) et choix typographiques (paragraphes trop nombreux) qui rendent la lecture malaisée.
  • Un arbre généalogique trop complexe, une foule de personnages parmi lesquels le lecteur se perd.
  • Un récit parfois elliptique, d’autres fois très bavard, souvent encyclopédique. Le contexte historique est souvent amené de manière artificielle.
  • Manque de fluidité et faiblesse de l’intrigue.

Bilan

Pour découvrir l’art et la manière des tabletiers éventaillistes du 19e siècle.

Excipients

#amour #amitié #famille #société #culture #art #artisanat #création #histoire #régionalisme #ouvriers #bourgeoisie #empire

Autres prescriptions

Les marques-page d’une croqueuse de livres, Mille-et-une feuilles… et vous ?

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ChallengeXIXe : La Bête Humaine

Décalé

Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café.

Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne.



Bien que n’étant pas une grande amatrice de BD, je ne loupe aucune (ou presque) des parutions de l’inénarrable Fabcaro dont j’aime le regard à la fois acerbe et plein d’humour qu’il pose sur l’absurdité de notre société. Quand j’ai appris que l’auteur avait également un roman à son palmarès littéraire, j’ai été à la fois ravie et sceptique : allais-je être convaincue par du Fabcaro version longue ? Son propos ferait-il autant mouche en perdant sa formule lapidaire et dessinée ?
La réponse est un grand oui. J’ai eu le plaisir de retrouver dans ce texte le discours désopilant, satirique et décalé que j’espérais. De même que la franche critique des faux semblants inhérents aux relations de famille ou de couple (que l’on trouve notamment dans le récent et excellent Formica). Ce qui fait alors la différence ? Une petite dose d’émotion (inattendue) en plus. Le personnage d’Adrien n’est pas seulement cocasse et navrant, il est particulièrement touchant dans sa solitude, son anxiété, sa différence. Et, par extension, c’est tout le discours de l’auteur qui gagne en profondeur. Bref, M. Fabcaro, le roman vous va divinement bien (aussi) !

N.B. je découvre ce jour qu’il existe une version audio du livre, narrée par Alain Chabat. Je ne doute pas de l’excellence de cette interprétation que j’écouterais bien à l’occasion…

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Girls just want to have fun

Vivian, jeune fille de 19 ans issue de la bourgeoisie américaine, fait le désespoir de ses parents en ne réalisant pas les ambitions universitaires qu’ils ont pour elle. Las, ils envoient leur fille à New-York, aux bons soins d’une tante dont ils connaissent (et condamnent paradoxalement) les excentricités. Tante Peg est en effet la propriétaire haute en couleur d’un théâtre populaire en plein Times Square. Émerveillée par les perspectives de la grande ville et influencée par les personnalités exubérantes qu’elle fréquente au quotidien, Vivian immature et frivole, se laisse emporter dans un tourbillon effréné de fêtes débridées, d’aventures répétées et sans lendemain. D’excès en excès, elle commet bientôt un impair qui lui vaut d’être renvoyée dans ses pénates. Si la leçon porte ses fruits, la jeune fille n’en saute pas moins sur la première occasion qui lui est donnée de retrouver New-York, toutefois dépeuplée et transfigurée par les affres de la Seconde Guerre Mondiale. Et si, c’est une femme plus sage et aguerrie qui se dévoile peu à peu, elle n’en reste pas moins indéniablement forte et indépendante.



Ayant conservé une tendresse toute particulière pour son célèbre Mange, prie, aime, j’ai abordé le nouveau roman d’Elizabeth Gilbert avec confiance et impatience, quand m’a été donnée l’occasion de le découvrir en avant-première (par les éditions Calmann-Lévy que je remercie infiniment). Aussitôt reçu, aussitôt lu et apprécié sans aucune réserve.
Pour sa toile de fond historique et culturelle tout d’abord : une plongée endiablée dans la New-York des années 40 (et suivantes), dans le monde du spectacle, du théâtre, parmi les acteurs, les danseurs, les showgirls, les journalistes et les critiques d’art. Un cadre et une époque décoiffants de liberté, d’insouciance et de légèreté décrits en une fresque pertinente et documentée (je pense même que plusieurs références méconnues m’ont échappé).
Pour son histoire sémillante, captivante, facétieuse, mais qui sait aussi se faire plus grave, plus tendre au fil des pages, du temps qui passe et d’une époque qui s’assombrit et évolue.
Pour ses personnages complexes, attachants, aux réparties désopilantes, aux amours impossibles, aux liens indéfectibles, aux défauts (im)pardonnables, aux rédemptions inattendues, aux tempéraments, légers ou graves, mais résolument affirmés (sérieuse et si fidèle Olive, tu resteras dans ce roman mon coup de cœur absolu !)
Pour l’évolution réussie du protagoniste principal, Vivian, jeune fille influençable, superficielle, insignifiante et passablement agaçante, bientôt transformée en une femme libre de ses choix, forte de ses convictions, fiable et fidèle en amitié, “intéressante” et passionnée.
Pour son écriture enfin : Au Bonheur des filles est un roman d’apprentissage bien construit, enlevé, d’une certaine densité, mais qui se dévore en quelques jours et qu’on lâche difficilement !
Il sort le 5 février : ce jour-là, courez en librairie !

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A consommer

Quand Zéphyrelle se voit confier sa première mission d’espionnage, et par le dynarque de Slarance en personne, elle ne sait si elle doit se réjouir. Car derrière cet insigne honneur se profile une inquiétante réalité : tous les autres agents, dont les plus chevronnés, se sont fait tuer en suivant la piste de l’odieux trafic de blé qui empoisonne la cité. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Autant de questions auxquelles la jeune femme doit trouver des réponses, en essayant, si possible, de rester en vie. Ce que la présence persistante d’un jeune cuistot empoté et transi d’amour rend encore plus délicat…



Fans de Lanfeust et autres Trolls de Troy, ne passez surtout pas votre chemin ! Vous trouverez dans ce roman tout ce qui fait le talent d’Arleston : des personnages atypiques (une espionne caméléon et un cuisinier pathétiquement amoureux) sympathiques et attachants dans un monde d’une grande « fantasy ». Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour. L’imagination fertile de l’auteur fait oublier les quelques faiblesses de l’intrigue et on passe un très bon moment.

Notice #4

Composition

Jardine Libaire relève le défi de s’emparer d’un thème des plus ordinaires en littérature – un amour contrarié par les barrières sociales et triomphant (ou presque) – et d’en proposer une déclinaison moderne, au fil d’une plume imaginative, dure, sensuelle, crue. De celles qui traduisent les passions endiablées, les attachements torturés, mais aussi le respect de l’autre dans sa différence.

Indications

  • Une passion endiablée, moderne, sensuelle, vraie
  • Une réflexion subtile sur le monde des conventions, les barrières sociales, familiales, affectives…
  • Personnages dotés d’une réelle profondeur psychologique
  • Une histoire d’amour qui ne tombe pas dans l’écueil du romantisme mièvre ou de l’érotisme banal
  • Un style travaillé, un texte qu’on lâche difficilement

Contre-indications

  • Cru, parfois sulfureux (sans vulgarité)

Bilan

Pour (re)trouver foi en l’amour vrai, pour dépasser les conventions et autres préjugés.

Excipients

#amour #passion #sexe #société #culture #drogue #banlieue #famille #ville #préjugés #maladie mentale #mort #vie

Autres prescriptions

CarolivreBribes … et vous ?

Notice #3

Composition

Un thriller divertissant qui ne renouvelle pas les règles du genre, mais propose une vision intéressante – et originale ? – du thème de l’agoraphobie. Le tout sur un fond riche de références cinématographiques, probables clés d’interprétation du texte.

Indications

  • Un pavé qui se lit avec une grande facilité, des chapitres courts, un style efficace
  • Une réflexion sérieuse sur l’agoraphobie, ses causes et conséquences
  • Un personnage féminin touchant, à la psychologie poussée, notamment dans son travail de deuil

Contre-indications

  • Des ficelles peu originales
  • Des renversements prévisibles et une fin attendue
  • Un contexte culturel qui peut rebuter les non passionnés
  • Quelques longueurs

Bilan

Un texte qui sous la fiction n’en aborde pas moins des sujets aussi sérieux que l’agoraphobie (et son issue possible), le travail de deuil, la pédopsychiatrie

Excipients

#agoraphobie #deuil #enfant #famille #cinéma #film #alcoolisme #voyeurisme  #voisinage #solitude #adolescent #web

Autres prescriptions

Livr’envieConduite en état livresque, Léa Touch Book, Ju lit les MotsBribes … et vous ?

Notice #1

Composition

Pour arrondir ses fins de mois, Keisha Ceylon a eu LA bonne idée : troquer ses balais de femme de ménage contre une boule de cristal. Entre thème astral et marc de café, elle s’est fait une spécialité : faits divers et disparitions. Cinq mille dollars contre l’espoir de retrouver un être cher : certaines familles sont prêtes à tout. Et justement, Wendell Garfield est sans nouvelles de sa femme Ellie, volatilisée à la sortie du supermarché une semaine plus tôt. Aucun indice, la police piétine. La presse est en émoi. Wendell et sa fille sont affolés : l’heure est idéale pour l’arnaqueuse qui se prépare à livrer sa plus belle, sa plus troublante, sa plus dangereuse vision… Car, sans le savoir, la fausse voyante vient de frôler de très près une vérité meurtrière. Et de réveiller les instincts d’un tueur en liberté… (quatrième de couverture)

Indications

  • Intrigue captivante
  • Retournements de situations et autres péripéties
  • Touches d’humour
  • Ecriture fluide et intrigue prenante

Contre-indications

  • Brièveté
  • Manque de consistance
  • Moins haletant que les précédents opus

Bilan

Ce roman est recommandé en cas de manque de dynamisme et d’adrénaline, de baisse de moral, de tendance à l’incrédulité ou de défaut d’intuition.

Excipients

#contemporain  #divination #escroquerie #humour #médium #meurtre #thrillerpsychologique #voyance

Autres prescriptions

Bribes…Les petites lectures de MaudLe Blog de ma fabrique de polars … et vous ?

Ange gardien

Gina ira en pension. Son père adoré l’a décrété sans donner la moindre explication : « Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! »
Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.
Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l’évasion… qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l’adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l’antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l’ange gardien se manifeste !
Une série d’aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.



Magda Szabo nous livre un roman d’apprentissage d’une grande sensibilité. Comment ne pas être attendrie par le personnage de Gina, son innocence, sa fougue et son caractère bien trempé ? L’intrigue met à l’honneur l’amour filial et paternel et des valeurs aussi importantes que le courage, le patriotisme, le respect, l’amitié et la solidarité. Avec pour toile de fond le rigide pensionnat Matula qui n’en abrite pas moins des êtres profondément humains et aimants. Un texte qui se lit en quelques heures et mérite le détour.

Lonesome

Hiver 1870, le capitaine Jefferson Kyle Kidd parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide des nouvelles du monde : les Irlandais migrent à New York ; une ligne de chemin de fer traverse désormais le Nebraska ; le Popocatepetl, près de Mexico, est entré en éruption. Un soir, après une de ses lectures à Wichita Falls, on propose au Capitaine de ramener dans sa famille, près de San Antonio, la jeune Johanna Leonberger. Quatre ans plus tôt, la fillette a assisté au massacre de ses parents et de sa sœur par les Kiowas qui l’ont épargnée, elle, et élevée comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, qui vivait jadis de son métier d’imprimeur, profite de sa liberté pour sillonner les routes, mais l’argent se fait rare. Il accepte cette mission, en échange d’une pièce d’or, sachant qu’il devra se méfier des voleurs, des Comanches et des Kiowas autant que de l’armée fédérale. Sachant aussi qu’il devra apprivoiser cette enfant devenue sauvage qui guette la première occasion de s’échapper. Pourtant, au fil des kilomètres, ces deux survivants solitaires tisseront un lien qui fera leur force. Dans ce splendide roman aux allures de western, Paulette Jiles aborde avec pudeur des sujets aussi universels que les origines, le devoir, l’honneur et la confiance (quatrième de couverture).



Un vieil homme solitaire chargé de ramener auprès des siens une jeune captive, arrachée à sa famille indienne d’adoption. Quoique prévisible, on se laisse porter par l’histoire touchante de ce duo improbable et attachant amené à se côtoyer, à s’apprivoiser avec bienveillance et compréhension, à se soutenir tout au long d’un voyage périlleux et formateur. Un message de solidarité fort, sublimé par un récit tout en pudeur et une ambiance singulière qui fait peut-être plus encore la force de ce roman. Je n’avais jamais lu de « western » auparavant et j’ai particulièrement apprécié l’immersion dépaysante dans une époque, de sublimes paysages (révélés par de talentueuses descriptions) et un pan passionnant de l’Histoire du Far West. Je recommande.

Frais !

Parisienne trentenaire et célibataire, blasée de rencontres amoureuses sans intérêt, la narratrice de ce roman tombe, au détour d’une galerie d’art, sous le charme d’un Québécois. Sur un coup de tête, elle accepte son invitation à le rejoindre pour une semaine dans son « antre canadien. Un choc culturel ! »


Léger. C’est le mot qui qualifie le mieux ce roman sans prétention qui vaut moins pour son histoire – l’intrigue est somme toute très simpliste et un peu mièvre, la fin plutôt discutable – que pour son humour et sa fraîcheur.

On sourit tout au long des aventures épiques de cette jeune femme complètement déboussolée face aux us, coutumes et au parler québécois, et surtout face à cet homme, au demeurant charmant, mais qu’elle connait à peine. D’autant plus que celui-ci est flanqué d’un jeune fils et d’une ex-femme encore bien présente. Et que la narratrice n’est pas à un a priori près.



De ce portrait enlevé et amusant – un brin caricatural – il ressort que les Québécois sont aussi accueillants qu’agréables à vivre, surprenants et attachants, gentils et plein d’humour. Que les Parisiennes sont compliquées, jalouses, pleines de préjugés, pénibles, indécises… et bien conscientes de l’être ! Une lecture plus divertissante que consistante, mais qui fait du bien.