Boucles temporelles

Mixez Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin… voilà le roman le plus divertissant de l’année. Lauréat du prestigieux Costa Award, le premier roman de Stuart Turton est à la fois un formidable jeu de l’esprit et un régal de lecture.
Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ? Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre. Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée. Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.
Prêt pour un plaisir de lecture comme vous n’en avez pas connu depuis longtemps ? Plongez dans ce labyrinthe des délices. Chaque personnage, chaque recoin obscur de la maison cache un mystère. Chaque page ou presque offre un rebondissement inattendu. Et il y a 500 pages (quatrième de couverture).



Si je devais résumer ma lecture de ce thriller fantastique en un seul mot, ce serait éreintant (trois semaines pour 500 pages). Mais je préciserais immédiatement que l’effort intellectuel fourni en valait largement la peine. Imaginez un roman labyrinthique et cyclique, une intrigue fouillée à la Agatha Christie mâtinée de Cluedo, absolument impossible à résumer, retorse, versatile, fascinante, immersive. Acceptez l’impossible et de vous égarer, de ne pas forcément réussir à comprendre toutes les subtilités d’un véritable casse-tête (vous n’en perdrez pas le fil pour autant), de confondre parfois les (nombreux) personnages, de vous demander tout du long où tout cela va bien pouvoir vous mener (à Hardcastle, encore et toujours). Vous ne le regretterez absolument pas. Car Turton est un génie, doté d’une maîtrise stylistique absolue, et son roman une véritable prouesse littéraire qui mérite largement le détour (pourtant des plus sinueux).

Lecture en partenariat

Sanguine

Alison Wood est avocate pénaliste. À mesure que sa carrière décolle, sa vie familiale se dégrade : elle passe ses journées à plaider et ses soirées dans les bars pour décompresser. Patrick, un collègue avec qui elle entretient une liaison toxique, souffle le chaud et le froid et l’humilie tout autant qu’il se sert d’elle. Pourtant, Alison n’arrive pas à décrocher.
Quand Patrick lui confie sa première affaire de meurtre, elle se plonge dans l’histoire de sa cliente, Madeleine, qui a poignardé son conjoint d’une quinzaine de coups de couteau. Au fil de leurs entretiens, Madeleine se livre : son mari diluait la pilule contraceptive dans son thé, examinait toutes ses dépenses, prenait toutes les décisions…
Petit à petit, leurs deux vies se font écho. Qui contrôle qui ? Et si, avant de défendre les autres, Alison commençait par se défendre elle-même (quatrième de couverture) ?



Probablement le meilleur des thrillers qu’il m’ait été donné de lire ces derniers mois. Alison Wood, avocate, entretient une liaison tumultueuse et humiliante avec son collègue et hiérarchique. Une addiction mêlée d’une culpabilité délirante qui aveuglent la jeune femme au point de l’empêcher d’identifier la cause véritable du délitement de sa vie familiale.
N’est pas toujours fautif celui qu’on croit. Retors et sulfureux, un thriller qui aborde avec un cynisme jubilatoire le pouvoir destructeur du pervers narcissique.

Bouc émissaire

Alors, à quoi bon courir après une balle pour l’attraper, faire un puzzle, découper des cartons et les colorier pour fabriquer des masques quand la vraie vie attend, tapie dans l’ombre, de pouvoir briser votre cœur ?

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants (quatrième de couverture).

C’est avec un brin de perplexité que j’ai refermé le dernier roman de Claire Favan et n’eussent été la maison – Robert Laffont : La Bête Noire – qui a édité son ouvrage, le titre et la charte graphique, j’aurais pensé qu’il avait été rangé par erreur dans le rayon polar/thriller de la médiathèque. En bref, c’est bien trop prévisible et ronronnant pour un auteur qui nous a habitués à un style percutant, une analyse distanciée et souvent glaçante, à des thrillers psychologiques complexes, fouillés, captivants et dérangeants. J’ai attendu, tout au long de ma lecture, que l’ouvrage démarre, rebondisse, pénètre les chemins sinueux de l’esprit des protagonistes. Pourtant, la figure du bouc émissaire, qui est le fil conducteur du récit, aurait mérité un meilleur (pire ?) traitement. Un ouvrage qui a néanmoins le mérite d’étudier un sujet de société sérieux et qui conviendra (mieux) à un lectorat enclin à des thrillers moins éprouvants, plus éthérés

Claire Favan, Inexorable, Robert Laffont, 2018, ♥♥♥

R.I.P

Tu es la seule personne au monde qui prendra soin de toi. Plus vite tu le comprendras, mieux tu te porteras.

À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables (quatrième de couverture)

A l’image d’Amélia, Kimberly McCreight nous propose avec Là où elle repose un thriller résolument moderne et efficace.
Côté style, on y retrouve l’alternance des points de vue (quatre voix féminines), le mélange des supports (des articles de presse en ligne et leurs commentaires, des extraits de journaux intimes…), de nombreux flashbacks, avec pour effet un texte dynamique, intéressant à lire et captivant. Côté intrigue, l’auteur s’est (encore) amélioré : l’histoire et la psychologie des personnages se sont étoffées. Molly n’est pas seulement une femme blessée, c’est une journaliste dont les investigations mènent à la résolution de plusieurs crimes. Le récit, plus dense, plus complexe se ramifie avec intelligence pour aborder des thématiques multiples telles que la maternité, le deuil, l’éducation, l’adolescence, le viol et la trahison. Le tout édifiant un portrait au vitriol de la bourgeoisie américaine, du monde universitaire, de la vie de couple, vérolés par le mensonge et les non-dits.

Kimberly McCreight, Là où elle repose, Cherche-midi, 2016, ♥♥♥♥

Twist again

Il voulait simplement l’aimer de nouveau comme à leurs débuts.
Mais c’était précisément ça l’ennui, avec les débuts. Il ne pouvait jamais en exister qu’un.

Plus jamais vous n’échangerez votre maison avec des inconnus…
Pour les vacances de la Toussaint, Kate et Hazel décident d’échanger leurs domiciles.
Kate est irlandaise et pense qu’une semaine à New York sera salvatrice pour son couple et sa famille.
Hazel vit à Manhattan et rêve de retourner à Limerick, sur les terres de son enfance, avec son mari et leurs deux enfants.
Mais les vacances idylliques virent au cauchemar. Quand s’ouvre ce roman, un coffre de voiture se referme. À l’intérieur, le cadavre d’une femme… (quatrième de couverture)

MacDonaldéchange_250

Avec un peu de retard, je partage avec vous ce que fut ma lecture « spéciale Halloween », avec le concours des éditions Archipoche que je remercie vivement. Aucun monstre sanguinolent, aucune atmosphère d’horreur dans le roman de Siohhàn MacDonald. Toutefois – et ce n’est pas moins effrayant – une angoisse croissante qui s’installe dans le quotidien de deux familles qui ont pris la décision d’échanger leurs domiciles le temps de quelques jours de vacances. L’occasion, elles le pensent du moins, de s’éloigner provisoirement de la routine, des soucis de couple, d’enfants ou encore professionnels. Bientôt les vacances virent au drame et les mensonges des uns deviennent le cauchemar des autres.
Un thriller psychologique bien mené qui n’hésite pas à faire se succéder les renversements de situation pour mener le lecteur par le bout du nez et le tenir en haleine. Avec un talent indéniable… Malheureusement, le soufflé retombe : la résolution de l’intrigue arrive un peu tôt et fait espérer un twist final… qui ne vient pas. Dommage.

Siobhàn MacDonald, Echange fatal, Archipoche, 2018, ♥♥♥.

C’est lundi, que lisez-vous ? #39

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

 

MacDonaldéchange_250Echange fatal
Siohhàn MacDonald
Archipoche, 2018

Plus jamais vous n’échangerez votre maison avec des inconnus…
Pour les vacances de la Toussaint, Kate et Hazel décident d’échanger leurs domiciles.
Kate est irlandaise et pense qu’une semaine à New York sera salvatrice pour son couple et sa famille.
Hazel vit à Manhattan et rêve de retourner à Limerick, sur les terres de son enfance, avec son mari et leurs deux enfants.
Mais les vacances idylliques virent au cauchemar. Quand s’ouvre ce roman, un coffre de voiture se referme. À l’intérieur, le cadavre d’une femme…

Que suis-je en train de lire ?

Rihoitausten_250

Jane Austen. Un cœur rebelle
Catherine Rihoit
Ecriture, 2018

Dans le monde anglophone, sa notoriété est aujourd’hui équivalente à celle de Shakespeare. Quantité de livres et d’articles scrutent les moindres détails d’une existence que sa famille considérait pour- tant comme dépourvue d’événements. En romancière, mais au moyen d’une enquête quasi policière, Catherine Rihoit débusque et retisse les moindres détails d’une existence pleine de zones d’ombre.
Dès ses écrits de jeunesse, Jane Austen (1775-1817) prend le contrepied de l’émotion larmoyante où baigne la production de son époque. Elle sera dès lors à l’image de ses héroïnes : indépendante, préférant, aux conventions de la bonne société, les plaisirs individuels ; aux élans déraisonnés, les jugements pesés.
Une valeur guide toute sa vie, littéraire comme amoureuse : la vérité du cœur. Celle que l’on interdisait aux femmes de son temps. La fausseté était alors, pour une femme, la composante essentielle de la réussite sociale. « Nous n’existons que par le sentiment », écrit-elle dans Persuasion. C’est peut-être là que réside sa réussite : en avance sur son temps, elle coïncide avec les aspirations féminines actuelles.
Rebelle, l’auteur d’Orgueil et Préjugés ? Telle est la question posée dans cette biographie où l’œuvre et la vie de « Jane A » se répondent sans cesse.

Et aussi…

Banghartgracefury_250Grace and Fury
Tracy Banghart
Hachette, 2018

Toute sa vie, Serina a été formée pour devenir Grâce : une femme choisie pour son élégance, sa beauté, et pour se tenir aux côtés du roi. Cette année, c’est le prince héritier, Malachi, qui va choisir sa compagne. Serina se rend donc dans la capitale de Viridia accompagnée par sa sœur, Nomi, qui deviendra sa servante. La première y voit l’opportunité de sauver sa famille de la pauvreté ; la seconde n’y reconnaît qu’un exemple de plus de l’oppression des femmes.
Contre toute attente, c’est Nomi qui est choisie pour devenir Grâce. Mais elle cache aussi un lourd secret : elle sait lire, une activité interdite aux femmes de ce pays. Lorsque les deux sœurs sont surprises en possession d’un ouvrage que Nomi a volé dans la bibliothèque royale, Serina se dénonce aussitôt comme coupable. Elle est alors envoyée sur le mont aux Ruines : une île devenue prison pour femmes.
Si elle veut survivre, Serina devra s’endurcir. De son côté, Nomi la rebelle devra faire semblant de se soumettre aux règles du palais afin de gagner l’influence nécessaire pour délivrer sa sœur.
C’est un livre, caché dans les affaires de Nomi, qui lui fait entrevoir la vérité. Et si Viridia avait autrefois été dirigée par des femmes ? Si la personne qui lui avait laissé le livre était un allié ?

Que vais-je lire ensuite ?

Lerevesononterprétation_250Le Rêve. Son interprétation.
Collectif
Editions in Press, 2018

Comment ouvrir les portes du rêve ? Comment en comprendre le sens ? Comment tirer le meilleur parti possible de nos rêves.
L’ouvrage sur l’interprétation du rêve demeure l’apport le plus original et le plus fécond de la psychanalyse. C’est ainsi que Freud le considérait, au point de souhaiter qu’une plaque commémorative le rappelle au lieu où il a fait cette découverte !
Le rêve reste plus que jamais « la voie royale » pour l’écoute de l’inconscient. Comment lui rendre cette place prééminente ? Pourquoi rêve-t-on ? Comment ouvrir les portes du rêve ? Comment en comprendre le sens ? Comment l’interpréter ? Telles sont les questions au cœur de ce livre qui est un véritable manifeste en faveur de la vie onirique aujourd’hui.
Chacun des auteurs l’aborde de manière originale à partir de son expérience et de sa recherche. Il démontre pourquoi et comment réinventer l’interprétation et tirer le meilleur parti possible de chacun de nos rêves.

Vengeance arachnéenne

[…] avec le commissaire à sa tête, la brigade tenait plus d’un large navire à voiles, parfois cinglant vent arrière ou bien rodant sur place, voilure affalée, que d’un puissant hors-bord dégageant des torrents d’écume.

« – Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?» (quatrième de couverture)

Vargasrecluse_250

Il n’est jamais trop tard pour faire d’exaltantes découvertes. Voilà des années que l’on me parle de Fred Vargas et que l’on m’en dit beaucoup de bien, des années que je repousse la lecture – pour une sombre raison de série dans laquelle que je ne veux pas me lancer et surtout ne pas lire dans le désordre – et des années que je remets l’occasion d’un coup de cœur. Et pas n’importe quel coup de cœur : celui du type, je mettrais dix cœurs à la suite en guise de notation que cela ne suffirait toujours pas.
Je remercie très chaleureusement les éditions J’ai lu sans qui ma rencontre (dans le désordre) avec Vargas, et plus précisément le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, n’aurait pas eu lieu.
Oui, je suis, en vérité, tombée sous le charme de ce personnage qui n’a pas été sans me rappeler Erlendur, un autre flic dont j’aime particulièrement le tempérament ombrageux de brillant inadapté.
Autre source de satisfaction : la plume de Vargas. Quand sort la recluse, est un vrai polar littéraire, pour ne pas dire poétique, divinement bien écrit, riche de références culturelles, de jeux de mots, de réflexions subtiles et cyniques, de métaphores ciselées. Un vrai morceau de bravoure, la prétention en moins !
Quant à l’histoire, elle a su combler la zoologue que j’aurais aimé être, en entraînant le lecteur dans les sombres repaires d’une araignée vengeresse. Original, documenté, surprenant. Et me voilà embarquée dans une nouvelle série !

Fred Vargas, Quand sort la recluse, J’ai lu, 2018, ♥♥♥♥♥

C’est lundi, que lisez-vous ? #38

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Vargasrecluse_250

Quand sort la recluse
Fred Vargas
J’ai lu, 2018

« – Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?»

Que suis-je en train de lire ?

Rihoitausten_250

Jane Austen. Un cœur rebelle
Catherine Rihoit
Ecriture, 2018

Dans le monde anglophone, sa notoriété est aujourd’hui équivalente à celle de Shakespeare. Quantité de livres et d’articles scrutent les moindres détails d’une existence que sa famille considérait pour- tant comme dépourvue d’événements. En romancière, mais au moyen d’une enquête quasi policière, Catherine Rihoit débusque et retisse les moindres détails d’une existence pleine de zones d’ombre.
Dès ses écrits de jeunesse, Jane Austen (1775-1817) prend le contrepied de l’émotion larmoyante où baigne la production de son époque. Elle sera dès lors à l’image de ses héroïnes : indépendante, préférant, aux conventions de la bonne société, les plaisirs individuels ; aux élans déraisonnés, les jugements pesés.
Une valeur guide toute sa vie, littéraire comme amoureuse : la vérité du cœur. Celle que l’on interdisait aux femmes de son temps. La fausseté était alors, pour une femme, la composante essentielle de la réussite sociale. « Nous n’existons que par le sentiment », écrit-elle dans Persuasion. C’est peut-être là que réside sa réussite : en avance sur son temps, elle coïncide avec les aspirations féminines actuelles.
Rebelle, l’auteur d’Orgueil et Préjugés ? Telle est la question posée dans cette biographie où l’œuvre et la vie de « Jane A » se répondent sans cesse.

Et aussi…

MacDonaldéchange_250Echange fatal
Siohhàn MacDonald
Archipoche, 2018

Plus jamais vous n’échangerez votre maison avec des inconnus…
Pour les vacances de la Toussaint, Kate et Hazel décident d’échanger leurs domiciles.
Kate est irlandaise et pense qu’une semaine à New York sera salvatrice pour son couple et sa famille.
Hazel vit à Manhattan et rêve de retourner à Limerick, sur les terres de son enfance, avec son mari et leurs deux enfants.
Mais les vacances idylliques virent au cauchemar. Quand s’ouvre ce roman, un coffre de voiture se referme. À l’intérieur, le cadavre d’une femme…

Que vais-je lire ensuite ?

Banghartgracefury_250Grace and Fury
Tracy Banghart
Hachette, 2018

Toute sa vie, Serina a été formée pour devenir Grâce : une femme choisie pour son élégance, sa beauté, et pour se tenir aux côtés du roi. Cette année, c’est le prince héritier, Malachi, qui va choisir sa compagne. Serina se rend donc dans la capitale de Viridia accompagnée par sa sœur, Nomi, qui deviendra sa servante. La première y voit l’opportunité de sauver sa famille de la pauvreté ; la seconde n’y reconnaît qu’un exemple de plus de l’oppression des femmes.
Contre toute attente, c’est Nomi qui est choisie pour devenir Grâce. Mais elle cache aussi un lourd secret : elle sait lire, une activité interdite aux femmes de ce pays. Lorsque les deux sœurs sont surprises en possession d’un ouvrage que Nomi a volé dans la bibliothèque royale, Serina se dénonce aussitôt comme coupable. Elle est alors envoyée sur le mont aux Ruines : une île devenue prison pour femmes.
Si elle veut survivre, Serina devra s’endurcir. De son côté, Nomi la rebelle devra faire semblant de se soumettre aux règles du palais afin de gagner l’influence nécessaire pour délivrer sa sœur.
C’est un livre, caché dans les affaires de Nomi, qui lui fait entrevoir la vérité. Et si Viridia avait autrefois été dirigée par des femmes ? Si la personne qui lui avait laissé le livre était un allié ?

We’re all mad here

Tout ça ferait une très bonne intrigue pour un roman policier ou un thriller. C’est bien beau sur le papier, mais tu n’as pas le plus petit éléments de preuve. Juste des suspicions des doutes, des supputations.
Encore une fois, aucun juge ne te suivra.

Brillante étudiante à l’Université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de « fugues temporelles » depuis ses 11 ans, année où elle a été enlevée, dans des circonstances mystérieuses qui n’ont jamais été élucidées. En vacances dans le chalet familial au bord du lac Mendota, la jeune fille est seule avec son beau-père Richard, sa mère ayant dû se rendre en urgence à Chicago pour son travail. En pleine nuit, elle se réveille les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Elle n’est plus dans sa chambre mais dans celle de ses parents. Richard gît à ses côtés, égorgé… Arrêtée, Jane est déférée devant la Cour criminelle. Elle le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l’affaire est claire : Jane a commis ce crime odieux dans une crise de folie. Ce n’est pourtant pas l’avis de Joseph Sleuth, l’agent local du FBI, qui penche plutôt pour un assassinat politique maquillé en crime de famille. Écologiste militant, Richard, en campagne électorale pour le poste de sénateur, avait en effet de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, lobby puissant et influent, où le père de Jane est courtier… Libérée sous caution et placée en observation dans un hôpital psychiatrique sur décision du juge, Jane est prise en charge par un spécialiste de l’hypnose. Au fil des séances qui la replongent dans son passé, elle retrouve la mémoire. L’étau se resserre… (quatrième de couverture).

Le roman de James Barnaby réunit nombre des ingrédients qui font un bon thriller : personnages à la psychologie trouble, policier torturé au sombre passé personnel, thématiques captivantes (organisations sectaires, secrets de famille, maladie mentale, hypnose…), rythme haletant et rebondissements bien menés. Ceci étant dit, le roman a surtout un petit quelque chose en plus qui fait toute la différence. L’idée géniale (et inédite ?) de l’auteur d’inscrire la pathologie de Jane et a posteriori toute l’intrigue dans le sillage des films de Walt Disney. Des histoires pour enfants bien moins inoffensives qu’on ne le pense, puisqu’elles sont, dans ce roman, un véritable outil de manipulation mentale.
Délicieusement terrifiant, malgré quelques coïncidences un peu grosses et une fin de récit banale et quelque peu malvenue.

James Barnaby, À Fleur de peau, Editions de Borée (Marge noire), 2018, ♥♥♥♥

C’est lundi, que lisez-vous ? #37

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine (en cours) ?

Vargasrecluse_250

Quand sort la recluse
Fred Vargas
J’ai lu, 2018

« – Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?»

Que suis-je en train de lire ?

Rihoitausten_250

Jane Austen. Un cœur rebelle
Catherine Rihoit
Ecriture, 2018

Dans le monde anglophone, sa notoriété est aujourd’hui équivalente à celle de Shakespeare. Quantité de livres et d’articles scrutent les moindres détails d’une existence que sa famille considérait pour- tant comme dépourvue d’événements. En romancière, mais au moyen d’une enquête quasi policière, Catherine Rihoit débusque et retisse les moindres détails d’une existence pleine de zones d’ombre.
Dès ses écrits de jeunesse, Jane Austen (1775-1817) prend le contrepied de l’émotion larmoyante où baigne la production de son époque. Elle sera dès lors à l’image de ses héroïnes : indépendante, préférant, aux conventions de la bonne société, les plaisirs individuels ; aux élans déraisonnés, les jugements pesés.
Une valeur guide toute sa vie, littéraire comme amoureuse : la vérité du cœur. Celle que l’on interdisait aux femmes de son temps. La fausseté était alors, pour une femme, la composante essentielle de la réussite sociale. « Nous n’existons que par le sentiment », écrit-elle dans Persuasion. C’est peut-être là que réside sa réussite : en avance sur son temps, elle coïncide avec les aspirations féminines actuelles.
Rebelle, l’auteur d’Orgueil et Préjugés ? Telle est la question posée dans cette biographie où l’œuvre et la vie de « Jane A » se répondent sans cesse.

Banghartgracefury_250Grace and Fury
Tracy Banghart
Hachette, 2018

Toute sa vie, Serina a été formée pour devenir Grâce : une femme choisie pour son élégance, sa beauté, et pour se tenir aux côtés du roi. Cette année, c’est le prince héritier, Malachi, qui va choisir sa compagne. Serina se rend donc dans la capitale de Viridia accompagnée par sa sœur, Nomi, qui deviendra sa servante. La première y voit l’opportunité de sauver sa famille de la pauvreté ; la seconde n’y reconnaît qu’un exemple de plus de l’oppression des femmes.
Contre toute attente, c’est Nomi qui est choisie pour devenir Grâce. Mais elle cache aussi un lourd secret : elle sait lire, une activité interdite aux femmes de ce pays. Lorsque les deux sœurs sont surprises en possession d’un ouvrage que Nomi a volé dans la bibliothèque royale, Serina se dénonce aussitôt comme coupable. Elle est alors envoyée sur le mont aux Ruines : une île devenue prison pour femmes.
Si elle veut survivre, Serina devra s’endurcir. De son côté, Nomi la rebelle devra faire semblant de se soumettre aux règles du palais afin de gagner l’influence nécessaire pour délivrer sa sœur.
C’est un livre, caché dans les affaires de Nomi, qui lui fait entrevoir la vérité. Et si Viridia avait autrefois été dirigée par des femmes ? Si la personne qui lui avait laissé le livre était un allié ?

Que vais-je lire ensuite ?

Kentvallée_250Dans la vallée
Hannah Kent
Presses de la Cité, 2018

« Certains êtres sont différents. Ils sont nés comme ça, sur le bord du monde. Ils savent voir ce que d’autres ne voient pas. Pour eux, les rivières ne coulent pas de la même façon. » Le temps semble s’être arrêté dans ce village du sud de l’Irlande égaré dans la vallée et battu par la famine. Nóra Leahy a perdu son mari et sa fille et se retrouve seule avec son petit-fils de quatre ans, infirme. Pourtant, Nóra s’en souvient : quelques années plus tôt, Micheál marchait et commençait déjà à parler. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été changé, remplacé pendant la nuit par les fées qui auraient posé un démon dans le berceau ? Est-ce à lui que la vallée doit la malédiction qui la frappe ? Mary, la jeune servante que Nóra vient d’engager, se laisse impressionner par les commérages du village et les rapporte à sa maîtresse. Ensemble, les deux femmes se mettent en quête de la seule personne en mesure de sauver Micheál : une originale, qui vit seule dans la lande et parle le langage des plantes. Car, même si tout le monde s’en méfie, on sait que la vieille Nance Roche a le don. Qu’elle communique avec le peuple invisible. Et qu’il n’y a qu’elle pour faire revenir ceux qui ont été enlevés…

C’est lundi, que lisez-vous ? #34

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

cover149098-mediumLes Quatre Filles du docteur Moreau
Janine Boissard
Fayard, 2018

Elles sont quatre sœurs, entre douze et vingt-deux ans. Claire la princesse, qui rêve d’être mannequin  ; Bernadette l’indomptable, passionnée par la défense des arbres, ces seigneurs ; Pauline qui rêve d’écrire et Cécile, la poison, incorrigible accro à son portable. Elles ont un père médecin, une mère «écouteuse» et vivent à La Marette, une maison entourée d’un jardin, non loin de la ville. On y rit, on y pleure, on s’y brouille et s’y réconcilie, mais avant tout on s’y sent bien.
Avec Les quatre filles du docteur Moreau, Janine Boissard fait revivre L’esprit de famille, saga culte des années soixante-dix, en lui donnant les couleurs d’aujourd’hui. Poussez la porte de La Marette, entrez dans cette famille. C’est la vôtre.

Que suis-je en train de lire ?

Barnabyfleurpeau_250

À Fleur de peau
James Barnaby
Marge noire, 2018

Brillante étudiante à l’Université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de « fugues temporelles » depuis ses 11 ans, année où elle a été enlevée, dans des circonstances mystérieuses qui n’ont jamais été élucidées. En vacances dans le chalet familial au bord du lac Mendota, la jeune fille est seule avec son beau-père Richard, sa mère ayant dû se rendre en urgence à Chicago pour son travail. En pleine nuit, elle se réveille les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Elle n’est plus dans sa chambre mais dans celle de ses parents. Richard gît à ses côtés, égorgé… Arrêtée, Jane est déférée devant la Cour criminelle. Elle le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l’affaire est claire : Jane a commis ce crime odieux dans une crise de folie. Ce n’est pourtant pas l’avis de Joseph Sleuth, l’agent local du FBI, qui penche plutôt pour un assassinat politique maquillé en crime de famille. Écologiste militant, Richard, en campagne électorale pour le poste de sénateur, avait en effet de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, lobby puissant et influent, où le père de Jane est courtier… Libérée sous caution et placée en observation dans un hôpital psychiatrique sur décision du juge, Jane est prise en charge par un spécialiste de l’hypnose. Au fil des séances qui la replongent dans son passé, elle retrouve la mémoire. L’étau se resserre…

Que vais-je lire ensuite ?

Rihoitausten_250Jane Austen. Un cœur rebelle
Catherine Rihoit
Ecriture, 2018

Dans le monde anglophone, sa notoriété est aujourd’hui équivalente à celle de Shakespeare. Quantité de livres et d’articles scrutent les moindres détails d’une existence que sa famille considérait pour- tant comme dépourvue d’événements. En romancière, mais au moyen d’une enquête quasi policière, Catherine Rihoit débusque et retisse les moindres détails d’une existence pleine de zones d’ombre.
Dès ses écrits de jeunesse, Jane Austen (1775-1817) prend le contrepied de l’émotion larmoyante où baigne la production de son époque. Elle sera dès lors à l’image de ses héroïnes : indépendante, préférant, aux conventions de la bonne société, les plaisirs individuels ; aux élans déraisonnés, les jugements pesés.
Une valeur guide toute sa vie, littéraire comme amoureuse : la vérité du cœur. Celle que l’on interdisait aux femmes de son temps. La fausseté était alors, pour une femme, la composante essentielle de la réussite sociale. « Nous n’existons que par le sentiment », écrit-elle dans Persuasion. C’est peut-être là que réside sa réussite : en avance sur son temps, elle coïncide avec les aspirations féminines actuelles.
Rebelle, l’auteur d’Orgueil et Préjugés ? Telle est la question posée dans cette biographie où l’œuvre et la vie de « Jane A » se répondent sans cesse.

Et aussi…

Shirahamaatelier1_250L’Atelier des Sorciers, tome 1
Kamome Shirahama
Pika Edition, 2018

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique ! Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !

Bis repetita

Berryassassinsoeur_250Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs (quatrième de couverture).

Tout d’abord un grand merci aux éditions Presses de la cité qui me gâtent depuis plus d’un an. Pour ce thriller, aussitôt arrivé dans ma boîte aux lettres (samedi), il fut aussitôt lu ! Il faut dire que la couverture était une invitation ; le titre et la quatrième captivants. Au final, je reste néanmoins sur une impression mitigée. Un petit bilan s’impose…

Les plus

  • Le roman est bref et efficace, avec des chapitres courts qui vont droit au but.
  • Le style est captivant, sans fioriture, et fonctionne bien au vu du tempérament de Nora.
  • L’intrigue tient la route. L’idée de l’enquête menée par amour fraternel est bien trouvée. On s’intéresse à l’histoire des deux sœurs, à leur passé et à la force de leurs liens.
  • Le rebondissement final est satisfaisant.
  • Les lieux, la météo créent une atmosphère propice.

Les moins

  • L’analyse psychologique des personnages est un peu faible. Les motivations des protagonistes sont souvent à peine esquissées, surtout pour les personnages secondaires.
  • Nora m’a été d’emblée antipathique. Ses silences et réponses monosyllabiques répétitifs sont pesants et délaient artificiellement l’intrigue.
  • Même si le dénouement est inattendu, l’histoire est un peu trop prévisible. On se doute que c’est Nora qui mènera l’enquête à son but, on devine qu’elle sera suspectée en cours de route…
  • Le twist final est un peu abrupt, pas forcément très clair. Il y a également quelques incohérences dans le récit ; les intuitions de Nora manquent souvent de fond, de justification.

Bilan

Un thriller efficace et divertissant, qui se lit en quelques heures et trouvera probablement son public, sans être toutefois inoubliable.

Flynn Berry, L’Assassin de ma sœur, Presses de la cité, 2018, ♥♥♥

Profil PoudlardChallenge HP – 2e année – Expecto patronum (défense contre les forces du mal)
Le premier livre d’un auteur

C’est lundi, que lisez-vous ? #31

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Fellowesbelgravia_250Belgravia
Julian Fellowes
10/18, 2017

15 juin 1815. Tandis que les troupes de Napoléon sont en marche, la jeune Sophie Trenchard ne peut cacher sa joie. Issue d’une famille d’intendants, la voilà invitée au bal de la duchesse de Richmond, l’évènement qui réunit la plus brillante société de Grande-Bretagne à Bruxelles. Elle espère surtout y croiser le beau Edmund Bellasis, le meilleur parti du moment. Mais la soirée est interrompue par l’annonce d’une bataille imminente : Waterloo. Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard se sont installés à Belgravia, bastion londonien de l’aristocratie. Mais un scandale passé menace leur insolente réussite…

Berryassassinsoeur_250L’Assassin de ma soeur
Flynn Berry
Presses de la cité, 2018

Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

Et j’ai écouté…

Cabotcarnetallie_250Le Carnet d’Allie (tome 1 : le déménagement)
Meg Cabot
Audiolib, 2018

Parce que ses parents ont décidé de déménager, Allie va devoir abandonner sa belle chambre rose, ses meilleures amies, son école, et tout ça pour quoi ? Pour une vieille maison délabrée, toute grise et grinçante. Sans parler de la nouvelle école qu’elle ne connaît pas ! Comment empêcher ce désastre ?
Pour se faciliter la vie, Allie invente des règles folles, qu’elle note précieusement dans son carnet. Règle n°1 : ne pas parler de déménagement à une enfant de neuf ans, sauf s’il s’agit d’Allie Punchie !

Que suis-je en train de lire ?

martinprimates_250Les Primates de Park Avenue
Wednesday Martin
Globe, 2017

Wednesday Martin débarque de son Midwest natal dans l’Upper East Side, le quartier le plus huppé de Manhattan, avec son mari et ses deux enfants. Le rêve se transforme rapidement en cauchemar.
Wednesday est sur le territoire des primates les plus riches de la planète. Une enclave hostile peuplée de femmes au foyer surdiplômées, glamour, mariées à des patrons de hedge funds et totalement dévouées à la réussite de leur progéniture. Armée d’un calepin et d’un crayon, Wednesday Martin consigne, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection.

Langnaheulbeuk_250Le Donjon de Naheulbeuk (Intégrale 1)
John Lang
J’ai lu, 2018

Il était une fois un barbare en quête d’action, un voleur ne reculant devant aucun larcin, une candide fée des bois, un nain revêche, une magicienne entretenant des rapports ambigus avec un ogre peu loquace et un ranger inexpérimenté.
Rien ne les prédestinait à se rencontrer, sinon une insatiable faim d’aventures et une prédisposition à l’échec critique !

Que vais-je lire ensuite ?

Kitsonmanuel_250Manuel de survie à l’usage des jeunes filles
Mick Kitson
Métailié, 2018

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?
Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.
Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

C’est lundi, que lisez-vous ? #24

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

9782367626901-001-TLa Disparition de Stephanie Mailer
Joël Dicker
Audiolib, 2018

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu’a-t-elle découvert ? Et surtout : que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?

Que suis-je en train de lire ?

Peyrinaile_250L’Aile des vierges
Laurence Peyrin
Calmann-Lévy, 2018

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ? Un extraordinaire portrait de femme libre.
Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.

Que vais-je lire ensuite ?

Sizungouvernante_250La Gouvernante suédoise
Marie Sizun
Folio, 2018

«Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles.»
Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXe siècle. Dans ce roman de secrets, d’amours et de fascination mutuelle, Marie Sizun retisse les liens perdus de son étonnante histoire familiale.