Bilan octobre 2018

Un petit mois de lecture, mais uniquement des bons crus !

♥♥♥♥

  • Mick Kitson, Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Métailié, 2018 (chronique)
  • Kamome Shirahama, L’Atelier des Sorciers, tome 1Pika Edition, 2018, (quatrième)

♥♥♥♥

  • James Barnaby, À Fleur de peau, Editions de Borée (Marge noire), 2018 (chronique)
  • Janine Boissard, Les Quatre Filles du docteur Moreau, Fayard, 2018, (chronique)
  • Geneviève Guilbault, Textos et cie, Kennes éditions, 2018 (chronique)
  • Kristian Higgins, Maintenant que tu le disHarper Collins, 2018,  (chronique)

Retour à la Marette

Je fais partie de cette génération qui, adolescente, a découvert l’Esprit de famille et les sœurs Moreau en piochant dans la bibliothèque maternelle. Je me souviens avoir été intriguée par le titre d’un des volumes qui associait sur la tranche « la poison » à une certaine « Cécile ». Un qualificatif alors tombé en désuétude, dont je ne comprenais pas vraiment le sens. La quatrième de couverture m’a renseignée et m’a surtout donné l’envie de découvrir l’histoire de cette famille unie, racontée au travers du regard de la douce et timide Pauline puis de l’espiègle Cécile. Une fois remis dans l’ordre, j’ai littéralement dévoré les six volumes à la suite, avant de me précipiter sur la série en DVD (ah ce générique !). Un coup de cœur jamais démenti au fil de mes relectures. A chacune d’elles, je me rapprochais en âge d’une autre des sœurs… avant de les dépasser toutes (amplement) ! 

 

Lorsque j’ai découvert le projet de réécriture de Janine Boissard sur Netgalley, je n’ai pas hésité un instant et j’ai croisé les doigts pour que les éditions Fayard m’accordent ce plaisir. Lecture validée le lendemain, livre terminé dans la foulée. C’est le seul reproche que je ferai d’ailleurs à ce roman :  il est bien trop court !
cover149098-mediumAvec les Quatre Filles du Docteur Moreau, Janine Boissard transpose (une partie de) son Esprit de famille dans notre époque. Si les préoccupations de Bernadette, Claire, Pauline et Cécile se veulent celles de jeunes femmes et adolescente actuelles (anorexie, portable, écologie et autre chanson de Louane le prouvent), l’auteur rate le coche de peu. Les quelques références qui émaillent le texte ne suffisent pas à ancrer le récit dans notre quotidien : les comportements, réactions, façons de s’exprimer des filles ou la rigidité compassée du Docteur paraissent surannés.
Peu importe. On ne boude pas son plaisir d’ouvrir une nouvelle fois les portes de la Marette, de partager les premières amours, les déceptions et les joies de ces quatre filles fraîches et spontanées, de se blottir dans ce cocon aimant et chaleureux. Et l’on en conclut, non sans nostalgie, que Janine Boissard – celle des années 80 ou 2018 – a tout compris : le bonheur est dans le vie de famille.

Janine Boissard, Les Quatre Filles du docteur Moreau, Fayard, 2018, ♥♥♥♥

C’est lundi, que lisez-vous ? #34

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

cover149098-mediumLes Quatre Filles du docteur Moreau
Janine Boissard
Fayard, 2018

Elles sont quatre sœurs, entre douze et vingt-deux ans. Claire la princesse, qui rêve d’être mannequin  ; Bernadette l’indomptable, passionnée par la défense des arbres, ces seigneurs ; Pauline qui rêve d’écrire et Cécile, la poison, incorrigible accro à son portable. Elles ont un père médecin, une mère «écouteuse» et vivent à La Marette, une maison entourée d’un jardin, non loin de la ville. On y rit, on y pleure, on s’y brouille et s’y réconcilie, mais avant tout on s’y sent bien.
Avec Les quatre filles du docteur Moreau, Janine Boissard fait revivre L’esprit de famille, saga culte des années soixante-dix, en lui donnant les couleurs d’aujourd’hui. Poussez la porte de La Marette, entrez dans cette famille. C’est la vôtre.

Que suis-je en train de lire ?

Barnabyfleurpeau_250

À Fleur de peau
James Barnaby
Marge noire, 2018

Brillante étudiante à l’Université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de « fugues temporelles » depuis ses 11 ans, année où elle a été enlevée, dans des circonstances mystérieuses qui n’ont jamais été élucidées. En vacances dans le chalet familial au bord du lac Mendota, la jeune fille est seule avec son beau-père Richard, sa mère ayant dû se rendre en urgence à Chicago pour son travail. En pleine nuit, elle se réveille les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Elle n’est plus dans sa chambre mais dans celle de ses parents. Richard gît à ses côtés, égorgé… Arrêtée, Jane est déférée devant la Cour criminelle. Elle le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l’affaire est claire : Jane a commis ce crime odieux dans une crise de folie. Ce n’est pourtant pas l’avis de Joseph Sleuth, l’agent local du FBI, qui penche plutôt pour un assassinat politique maquillé en crime de famille. Écologiste militant, Richard, en campagne électorale pour le poste de sénateur, avait en effet de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, lobby puissant et influent, où le père de Jane est courtier… Libérée sous caution et placée en observation dans un hôpital psychiatrique sur décision du juge, Jane est prise en charge par un spécialiste de l’hypnose. Au fil des séances qui la replongent dans son passé, elle retrouve la mémoire. L’étau se resserre…

Que vais-je lire ensuite ?

Rihoitausten_250Jane Austen. Un cœur rebelle
Catherine Rihoit
Ecriture, 2018

Dans le monde anglophone, sa notoriété est aujourd’hui équivalente à celle de Shakespeare. Quantité de livres et d’articles scrutent les moindres détails d’une existence que sa famille considérait pour- tant comme dépourvue d’événements. En romancière, mais au moyen d’une enquête quasi policière, Catherine Rihoit débusque et retisse les moindres détails d’une existence pleine de zones d’ombre.
Dès ses écrits de jeunesse, Jane Austen (1775-1817) prend le contrepied de l’émotion larmoyante où baigne la production de son époque. Elle sera dès lors à l’image de ses héroïnes : indépendante, préférant, aux conventions de la bonne société, les plaisirs individuels ; aux élans déraisonnés, les jugements pesés.
Une valeur guide toute sa vie, littéraire comme amoureuse : la vérité du cœur. Celle que l’on interdisait aux femmes de son temps. La fausseté était alors, pour une femme, la composante essentielle de la réussite sociale. « Nous n’existons que par le sentiment », écrit-elle dans Persuasion. C’est peut-être là que réside sa réussite : en avance sur son temps, elle coïncide avec les aspirations féminines actuelles.
Rebelle, l’auteur d’Orgueil et Préjugés ? Telle est la question posée dans cette biographie où l’œuvre et la vie de « Jane A » se répondent sans cesse.

Et aussi…

Shirahamaatelier1_250L’Atelier des Sorciers, tome 1
Kamome Shirahama
Pika Edition, 2018

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique ! Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !

C’est lundi, que lisez-vous ? #33

Séduite par l’initiative de Galleane, je me plie avec plaisir à ce petit exercice hebdomadaire dont le principe est simple. Il s’agit de répondre, en mots ou en images, aux trois questions suivantes :

Qu’ai-je lu cette semaine ?

Kitsonmanuel_250Manuel de survie à l’usage des jeunes filles
Mick Kitson
Métailié, 2018

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?
Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.
Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Et aussi…

Couverture Le chef de rang désenchanté

Le Chef de rang désenchanté
James Barbier
Vérone, 2018

Employé consciencieux, Jason Martel aspire depuis longtemps à évoluer professionnellement au sein de son entreprise. Mais malgré ses efforts constants, aucune opportunité à l’horizon. Tout est gelé, pour tout le monde. Jusqu’au jour où son chef de service finit par lui annoncer que des évolutions auront lieu… et qu’il n’en bénéficiera pas. Jason le prend mal. Très mal.
C’est le début d’une longue descente aux enfers, faite de confrontations permanentes avec sa hiérarchie, d’affrontements incessants où la tension atteint son paroxysme. Désenchantement, désillusion, humiliation, déception… Jason va tout connaître. Et se faire miner par sa haine envers ses responsables. En sortira-t-il indemne ?

Que suis-je en train de lire ?

Couv 1(1)

L’Essence des Ténèbres
Tom Clearlake
Moonlight, 2018

La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d’enfants inexpliquées. Cinq au total, en l’espace de quatre mois. Bien qu’aucun indice formel n’ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu’il s’agit d’enlèvements. Le FBI est chargé du dossier.
L’agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter.
Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d’agent, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s’être emparé des forêts alentour de la ville… et ça n’est que le début de son enquête.

Que vais-je lire ensuite ?

cover149098-mediumLes Quatre Filles du docteur Moreau
Janine Boissard
Fayard, 2018

Elles sont quatre sœurs, entre douze et vingt-deux ans. Claire la princesse, qui rêve d’être mannequin  ; Bernadette l’indomptable, passionnée par la défense des arbres, ces seigneurs  ; Pauline qui rêve d’écrire et Cécile, la poison, incorrigible accro à son portable. Elles ont un père médecin, une mère «écouteuse» et vivent à La Marette, une maison entourée d’un jardin, non loin de la ville. On y rit, on y pleure, on s’y brouille et s’y réconcilie, mais avent tout on s’y sent bien.
Avec Les quatre filles du docteur Moreau, Janine Boissard fait revivre L’esprit de famille, saga culte des années soixante-dix, en lui donnant les couleurs d’aujourd’hui. Poussez la porte de La Marette, entrez dans cette famille. C’est la vôtre.

Chantons sous la pluie

« C’est quand on est à l’apogée du malheur que l’on apprécie le plus le bonheur […]
Ça signifie que, quelle que soit la situation le positif est là pour ceux qui savent le voir.
Une fois qu’on le sait, tout a plus de saveur ». 

« Je ne t’aime plus. » Il aura suffi de cinq mots pour que l’univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s’écouler en attendant que la douleur s’estompe. Jusqu’au jour où elle décide de reprendre sa vie en main.
Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer. Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis.
Avec une extrême sensibilité et beaucoup d’humour, Virginie Grimaldi parvient à faire revivre des instantanés de vie et d’amour et nous fait passer du rire aux larmes. Une histoire universelle (quatrième de couverture).

Grimaldiparfumbonheurpluie_250Un roman « feel good » comme j’en lis peu, mais dont j’ai apprécié les leçons qu’il délivre mine de rien.
Avec Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie (j’adore ce tire – un peu moins la couverture), je découvre également la plume de Virginie Grimaldi et ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. Dans ce pavé de presque 500 pages – qui n’a pas été sans m’effrayer un peu quand il m’a été envoyé par les éditions Fayard – j’ai tout aimé.
La plume : simple, efficace, fluide. L’histoire : touchante, captivante, amusante parfois, jamais larmoyante. Le message : positif, encourageant, malgré les épreuves et avec beaucoup de réalisme. Les questions, universelles : comment surmonter une rupture, un deuil, la perte d’un enfant ? Comment reprendre pied, réapprendre à être heureux ?

Un coup de cœur, vous l’aurez compris, et mes remerciements vont à Faelys dont les mots m’ont donné l’envie de lire ce roman et aux éditions Fayard qui m’ont permis de le faire dans le cadre de notre partenariat.

Virginie Grimaldi, Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie,
Fayard, 2017, ♥♥♥♥♥